Université de Lomé : Intimidatio des enseignants signataires de la lettre ouverte à Faure Gnassingbe

L'entrée de l'Université de Lomé

De sources proches des syndicats universitaires, des enseignants signataires d’une lettre ouverte au chef de l’Etat, pour dénoncer le changement constitutionnel en cours, subiraient des intimidations de la part de hauts responsables du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Les intimidations seraient surtout dirigées vers les enseignants candidats à l’intégration à la Fonction publique à qui le ministère demande de fournir certains documents utiles à leur intégration.

«Dans une correspondance privée adressée à certains signataires enseignants à l’UL, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Majesté Ihou Wateba, a demandé à certains enseignants en voie d’intégration à la fonction publique de fournir sous 72H, des documents les détachant à l’université », confie cette source au Temps. 

En sus, la source ajoute : « intimidations et autres manœuvres restent des spécialités de ce ministre qui n’a pas été retenu comme candidat de UNIR à la députation en cours». Ayant eu maille à partir avec les Renseignements dans une sombre affaire de fraude à la note, le Professeur Majesté Ihou Wateba est décrié pour des méthodes peu orthodoxes depuis son arrivée à la tête du ministère l’Enseignement supérieur.

Les enseignants lancent un appel pour un référendum

Dans leur lettre, les enseignants des universités publiques du Togo «désapprouvent totalement» le processus de changement constitutionnel «dans son principe que dans son  opportunité».

Pour  les enseignants et chercheurs, qui appellent à un référendum, «l’Assemblée nationale actuelle ne peut, en aucun cas, adopter une nouvelle constitution ni au cours de son mandat ordinaire, ni  pendant le prolongement de celui-ci».  

Les députés togolais ont voté nuitamment le 25 mars dernier un texte portant constitution d’une Vème République, à la surprise générale, et suscitant ainsi un tollé dans l’opinion publique.

Dans cette nouvelle constitution, dont le texte reste top secret, s’ouvre au Togo l’ère d’un régime parlementaire. Ainsi, les parlementaires éliront, pour un mandat non renouvelable, un président de la République honoraire, qui choisira le président du Conseil, véritable détenteur du pouvoir. Ce dernier a dispose cependant d’un nombre de mandat illimité.

Les oppositions soupçonnent l’actuel président, dont le mandat actuel prendra fin en février 2005, d’avoir un agenda secret d’un pouvoir à vie. Malgré le renvoi du texte en deuxième lecture, les oppositions au putsch constitutionnel restent fermes et demandent au chef de l’Etat l’arrêt pur et simple de l’opération.

A propos Komi Dovlovi 1067 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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