Coronavirus: L’Université de Lomé ferme ses portes

Le professeur Dodzi Kokoroko a annoncé la fermeture de l’Université de Lomé pour prévention des risques de propagation de la maladie a coronavirus, selon un communiqué rendu public ce vendredi.

La présidence de l’UL se fonde sur l’interdiction par le gouvernement de tout rassemblement de 100 personnes et plus à partir du jeudi 20 mars à minuit. Elle évoque également “la promiscuité aggravée” dans les amphis. La mesure est adressée à “la communauté universitaire” et aux “usagers” de l’UL.

L’UL a été critiquée sur les réseaux en raison de l’organisation des examens de première session cette semaine, mettant en évidence des amphis bondés.

Des fermetures en cascade

Le nombre des contaminations est en augmentation, passant d’un cas à 9 en l’espace de 24 heures, faisant craindre une explosion des contaminations .

Cependant, le gouvernement n’a pas donné des indications claires en ce qui concerne la prévention de la maladie. Aucune politique de communication sur la sensibilisation et la prévention ne se fait jour. Plusieurs écoles ont fermé sur décision autonome de leurs dirigeants, tandis que d’autres continuent à fonctionner. Le gouvernement a cependant interdit la semaine culturelle, qui devait rassembler plusieurs milliers d’étudiants et d’élèves.

De même l’Eglise catholique a suspendu jusqu’à nouvel ordre les messes de dimanche et limite les messes en semaine à quelque 25 ou 50 personnes. L’Eglise évangélique presbytérienne du Togo a aussi annoncé la fermeture de ses lieux de culte. Seules les églises charismatiques, de loin les plus incontrôlables, sont de reste.

Le gouvernement togolais paraît velléitaire dans le cadre de la lutte contre la maladie. La fermeture des frontières aériennes ne commence véritablement que ce 20 mars alors que 193 Togolais et étrangers sont arrivés de France, pays à haut risque, mardi dernier.

Selon le ministère de la Santé, ces personnes ont été mises en auto-confinement avec visite bi-quotidienne d’un agent de la société. Une mesure légère qui, semble-t-il, ignore l’anthropologie locale avec les venus de France et d’ailleurs. La famille nucléaire n’ayant pas pignon sur rue, les familles ont tendance à vivre ensemble entre plusieurs générations.

Les  auto-confinées, ces personnes auront peut-être commerce avec plus d’individus qu’il n’en faudrait, qui eux peuvent aller et venir. Il eut mieux valu tester les 193 personnes rentrées, et laisser libres les saines et prendre en charge les quelques contaminées.  Au lieu de cela, ils ont mis en place à coûteuse usine-à-gaz pleine de failles : deux visites journalières chez ces 193 personnes pendant 14 jours.

L’indécision du gouvernement togolais reste pour le moins inquiétante.

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A propos Komi Dovlovi 903 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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