Universités : L’affaire Sasso Pagnou vs Dodzi Kokoroko et Kpodar devant la Cour d’Appel de Kara mardi 14 juillet

Rebondissement dans l’affaire Dodzi Kokoroko, Adama Kpodar et Babakane Coulibaley contre Sasso Pagnou. Une affaire “d’atteinte l’honneur et de dénonciation calomnieuse”, dit on. L’affaire aura montré les pratiques peu recommandables du milieu universitaire africain francophone. Le procureur de la République près la Cour de Kara, Tchontchoko Koutote-Naoto, a donné citation à comparaître aux parties en conflit ce 14 juillet. A juste titre, il s’agit de l’appel interjeté par l’enseignant Sasso Pagnou, mécontent du verdict rendu en première instance.

Le 20 janvier 2020, le tribunal de première instance de Kara, statuant en matière correctionnelle, condamne à une peine d’emprisonnement  de six mois  avec sursis et 1 franc symbolique, Sasso Pagnou, enseignant à l’Université de Kara.  

Les parties civiles accusent Sasso Pagnou d’avoir courant février 2019 envoyé un courriel au Cames les mettant en cause dans des pratiques frauduleuses. Elles œuvraient ainsi « en réseau » pour manquer à l’éthique et à la déontologie dans le cadre des évaluations des enseignants candidats aux concours d’acquisition des grades universitaires.  

En effet, après ce courrier, en mai 2019, les dites parties civiles, à l’exception de Babakane Coulibaley, ont fait l’objet de lourdes sanctions disciplinaires par le Cames. Adama Kpodar et son compère Dodji Kokoroko ont alors écopé chacun de trois ans de suspension de toutes activités avec le Cames.  Le Cames est un organisme de coordination des problèmes de l’enseignement de 16 pays d’Afrique francophone.  

Instrumentalisation de la justice

Les sanctions ont été approuvées par le ministre de l’Enseignement supérieur du Togo. Cependant, celui-ci n’a pas daigné, au nom de l’éthique voire de la décence, réclamé leurs démissions.

Cependant, et c’est ici le nœud de cette affaire qui n’est judiciaire que de nom, les deux dirigeants sont restés à leurs postes de président et de vice-président des universités de Lomé et de Kara. Quant au professeur Babakane Coulibaley, contre lequel une instruction est en cours, a bénéficié d’une nomination à la Cour constitutionnelle.

Parallèlement, les professeurs Dodji Kokoroko et Adama Kpodar ont été vus faire le pitre à Kpalimé,  devant des villageois lors de la campagne présidentielle 2020. Un épisode de leurs activités politiques partisanes qui a fait écrire à l’écrivain togolais Théo Ananissoh ceci :

« Quel étudiant peut respecter son président d’université qui fait le bouffon en casquette et t-shirt à la gloire de l’usurpateur ? Dès lors, comment ne pas voir le suicide dans lequel ces guignols nous entraînent ? »

A l’évidence, les parties civiles, décriées pour leurs inconduites, tentent d’instrumentaliser la justice togolaise et récupérer leurs créances perdues. Mais personne n’est dupe de leurs manœuvres pour faire du tordu avec le droit.

Certes, le tribunal de première instance de Kara, statuant en matière correctionnelle, a condamné Sasso Pagnou. Mais ce dernier n’entend pas  fuir le champ de bataille. “Nous irons jusqu’au-devant les tribunaux communautaires d’Abuja s’il le faut”, affirme Sasso Pagnou. La Haute cour de justice d’Abuja est, il vrai, très enclin à dire le droit et à condamner le Togo.

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A propos Komi Dovlovi 997 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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