L’archevêque émérite Mgr Fanoko Kpodzro placé en résidence surveillée

Le prélat émérite a été arrêté en fin de matinée au sortir de l’ambassade des Etats-Unis par les forces de l’ordre qui l’ont conduit à sa résidence d’Amadahome

C’est un vieillard de 90 ans qui suscite la peur panique chez Faure Gnassingbe. Mgr Fanoko Philipe Kpodzro, ancien archevêque du Togo, a été interpellé ainsi que son secrétaire particulier, Marc Mondji, non loin de l’ambassade des Etats-Unis. Ils venaient d’avoir un entretien avec l’ambassadeur des Etats-Unis.  

Deux corps habillés ont fait irruption dans le véhicule du prélat et l’ont conduit à sa résidence, d’après une source proche de la Conférence des Evêques du Togo (CET).

Dans un premier temps, les argousins du général Yark Damehame étaient allés chercher Mgr à sa résidence mais ne l’y ont pas trouvé. Un prêtre catholique qui était allé ce matin à la résidence dans le cadre d’une messe avec les religieuses et les malades, a été empêché.

Le prélat faisait alors la ronde des chancelleries occidentales. Il a rendu visite à la Délégation de l’Union Européenne au Togo, puis a continué à l’Ambassade des USA, située non loin.

De source proche de la Conférence des évêques, Mgr Kpodzro a été placé en résidence surveillée, tout comme le candidat qu’il soutient, M. Agbeyome Kodjo. 

Ce dernier, arrivé officiellement deuxième, selon les résultats provisoires de la CENI, avait reçu un bain de foule en plein centre-ville ce 27 février. Un accueil qui n’a pas été du tout du goût des autorités, qui l’ont placé dans la soirée en résidence surveillée.

Crise post-électorale

Le prélat devait faire une marche aujourd’hui avec les personnes du troisième âge soutenu par les Loméens, en guise de protection contre les résultats controversés de la présidentielle. La marche a été finalement interdite par le ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

L’ancien Premier ministre et outsider de l’opposition a obtenu 18,37% des voix, contre 72,36% pour le président sortant, selon les résultats préliminaires officiels donnés par la CENI, Commission Electorale Nationale Indépendante.

Cependant, le candidat Agbeyomé Kodjo ainsi que deux autres candidats de l’opposition, Jean-Pierre Fabre et Aimé Gogué rejettent catégoriquement les résultats et affirment que l’ancien premier ministre sortirait plutôt vainqueur de la présidentielle. Ils accusent le pouvoir d’avoir employé des méthodes illicites comme le bourrage des urnes, le gonflement artificiel des listes résultats.

L’ambassadeur des Etats-Unis au Togo a demandé au gouvernement un recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote. Un recomptage auquel s’oppose le gouvernement togolais. De même, l’ancien sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines, Herman Cohen, a condamné la proclamation des résultats officiels et exhorte le pouvoir en place à respecter le choix du peuple togolais.

Le Togo entre ouvertement dans une crise post-électorale comme il en a l’habitude.

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