Me Zeus Ajavon et l’ANC portent plainte contre Dimas Dzikodo en justice pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles

L’avocat président du Collectif Sauvons Le Togo (CST), attaque le journaliste et directeur de la publication Dimas Dzikodo du  quotidien « Forum de la semaine », pour « des délits de diffamation, d’injure, d’atteinte à l’honneur et de diffusion de fausses nouvelles ». Par acte délivré sur exploit d’huissier, Dimas Dzikodo est invité à « comparaître le 23 avril en audience par-devant la première chambre correctionnelle du tribunal de première instance première classe » de Lomé.  Selon le journaliste, qui s’est confié à notre confrère en ligne Focus Infos, l’ANC aurait aussi porté plainte contre lui en justice. Me Zeus Ajavon réclame 5 millions CFA pour dommages et intérêts. Ce qui fait quand  même beaucoup pour le seul journal.

Il est reproché au journaliste « d’avoir publié dans le journal Forum de la semaine N°1607 du 27 février 2014, en couverture et avec photo de Me Ata Messan Ajavon, un article intitulé « l’inénarrable avocat Zeus Ajavon, avide d’intérêts, réclame pour ses clients « plus de 700 millions CFA » traitant Ata Messan Ajavon d’avocat véreux. »

Les passages de l’article incriminé sont très durs voire d’une méchanceté gratuite pour susciter le courroux de l’avocat.

[…] Après que les plaignants aient touché plus de 240 millions CFA sur la base d’un accord politique, le véreux avocat Zeus Ajavon croit avoir gagné un procès de justice : avide d’intérêts, d’honoraires, il réclame 700 millions Cfa, lit-on dans le journal.

Il est encore écrit :

Me Zeus Ajavon qui pour beaucoup a profité de son titre d’ex-enseignant de droit administratif pour devenir avocat et peine depuis lors à gagner le moindre procès. Est-il aussi médiocre […] même s’il ne fut pas un bon enseignant ou un bon avocat ?

Le passage suivant est une merveille de  bijou de diffamation et d’injure, qui plus est le journaliste persiste et signe de façon péremptoire son forfait. :

Le sieur Ajavon est-il tout simplement trop arrogant et avocat véreux ? Certainement oui. Pour la quasi-totalité de l’opinion aussi bien nationale qu’internationale.

Les délits de diffamation, d’injure, d’atteinte à l’honneur et de diffusion de fausses nouvelles, sont punis par le code de la presse et le code pénal. L’avocat réclame 5 millions CFA pour « tous préjudices confondus ».

Le journaliste dit être serein, selon www.focusinfos.net.

Me Ata Messan Zeus Ajavon, avocat, président du Collectif Sauvons le Togo (CST)
Me Ata Messan Zeus Ajavon, avocat, président du Collectif Sauvons le Togo (CST)

L’article de Forum de la semaine se situe dans le cadre de la condamnation de  l’Etat du Togo par la Haute Cour de justice de la CEDEAO, dans l’affaire des députés ANC exclus de l’Assemblée nationale. Le tribunal communautaire d’Abuja a condamné l’Etat du Togo à payer 3 millions CFA à chacun des requérants et a également mis les dépens à la charge de l’Etat. Les députés ANC étaient exclus en 2010 de l’Assemblée nationale par un tour de passe passe juridique dont Gilchrist Olympio, le président de l’Assemblée nationale Abbas Bonfoh, et le Président de la Cour constitutionnelle, Abdou Assouma, ont seuls le secret.

Une erreur politique qui a coûté au contribuable plusieurs dizaines de millions CFA. Et par son manque de sagacité politique, Faure Gnassingbé a enrichi avec l’argent du contribuable les avocats des députés. Une situation qui n’a pas plu du tout au journaliste Dimas Dzikodo, proche du pouvoir, qui n’a pas hésité à se livrer à des attaques ad hominem sur les avocats des députés.

Le problème de la presse togolaise, c’est son manque d’indépendance et sa corruption par les puissances d’argent, notamment celles du pouvoir. Les journalistes font abstraction de leur mission d’informer le public et défendent les autorités politiques.

En réalité, Dimas Dzikodio a eu déjà  maille à partir avec Me Zeus Ajavon, au cours d’une émission-débat. Depuis règlement, les  deux font des échanges d’amabilité. Mais dans le contexte de cet article, on peut parler d’un règlement de compte.

 

A propos Komi Dovlovi 1071 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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