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« Au Togo, changer de logiciel pour avancer », Dany Ayida

Cet article a été publié sur son blog par Dany Ayida, togolais vivant à l’étranger. Spécialiste en gouvernance et démocratie, il est Administrateur Général de la société Africa Label Group S.A, et par ailleurs Représentant Résident de l’organisation américaine NDI en RD Congo. L’intéressé a animé une conférence le samedi passé à Lomé, sur « la lettre pastorale des Évêques et l’agenda politique au Togo ». 

Comment la classe politique du Togo va-t-elle accueillir la dernière lettre pastorale des Évêques? On est en droit de se poser cette question, avec le regain d’intérêt que la démarche des Catholiques a eu sur le front citoyen. Le pouvoir n’a pas encore réagi (officiellement). Ce n’est pas dans l’habitude du régime de se montrer transparent en ces choses. Du côté des opposants, l’appel du Clergé semble avoir été entendu. Des manifestations sont annoncées: la ritournelle…

L’analyse de la situation du pays montre que les principaux acteurs politiques sont fatigués. La population aussi. La raison en est que la méthode de lutte pour le changement ne mobilise plus. Le pouvoir UNIR aussi est tombé dans la routine, depuis le début du troisième mandat de Faure Gnassingbé.

Les Évêques togolais, dans la lettre pastorale ont parlé de léthargie. Ils ont totalement raison! A l’insouciance générale connue chez nos compatriotes s’ajoute une certaines indifférence (à la fois des personnes et des organisations) rendant le jeu politique indigeste et rebutant. Alors qu’est-ce qui va changer? Qu’est-ce qui peut changer, et à quelle condition?

Pour Faure Gnassingbé: démontrer la volonté de changer

Le Président de la République est en même temps président du parti Union pour la République (UNIR), parti majoritaire. Cette position ne lui permet pas réellement d’être au-dessus de la mêlée. J’ignore d’ailleurs s’il a l’intention d’être pris pour le père de la Nation, position dont son paternel raffolait…Mais à y voir de près, il faut bien que le Chef de l’Etat se départisse de cette position s’il tient vraiment à gérer convenablement les enjeux politiques pressants qui sont à l’horizon. Ces enjeux exigent de lui  un certain niveau de dépassement, incompatible avec un chef de parti!

La Conférence Episcopale demande à Faure et à son régime de faire droit aux engagements de réformes. Outre ceux qui ont été donnés à la veille de la présidentielle de 2015, il y a les nombreux chantiers ouverts avec la CVJR (Commission Vérité, Justice Réconciliation). Si on peut reconnaître quelques efforts à l’actif du président, il faut dire que dans l’ensemble, son gouvernement ne semble pas mettre la réconciliation au centre de ses priorités. Ce gouvernement dirigé par Elom Komi Klassou est aligné fortement (à droite), dans une sorte de conservatisme, sous la férule des apparatchiks de l’ancien RPT.

Nous avons tout essayé au Togo, sauf à rechercher des compromis mutuellement gagnants…

Dans son discours à la nation le 26 Avril 2016, outre les nombreux manquements (le discours était presque vide), Faure G. a évoqué la « démocratie apaisée« , comme une option politique consensuelle. Lui-même sait qu’il n’en est rien! Mais comment ce dirigeant croit-il pouvoir mériter longtemps encore la paix dans un pays où il ne bénéficie pas de la confiance d’une grande partie de la population? Les institutions qu’il patronne ne sont pas représentatives de la volonté générale. Elles souffrent même d’une profonde crise de légitimité. Si le régime UNIR semble solide, c’est en vérité parce que son opposition est faible et n’a pas de moyen d’action adapté au contexte et aux défis internes.Certains opposants n’aiment pas entendre cela. Or, c’est la pure vérité!

Pour l’opposition: changer de paradigme

« Opposition archaïque« . Cette qualification n’est pas de moi, mais d’un jeune togolais que j’ai rencontré à Agora Senghor samedi passé. Ce n’est pas tellement faux. Nous avons un groupe de partis politiques qui sont dépassés par les événements. L’ANC du chef de file de l’opposition, ses alliés et les autres formations politiques actives dans le pays n’ont pas de stratégie véritable. Ils utilisent les mêmes méthodes qu’il y a… 22 ans. Ils subissent les événements, comme cela a été depuis 1993… S’ils prennent mes observations pour des critiques, il y en aura qui diront « Dany est acheté par le régime« . Et ils en seront tellement convaincus qu’ils n’essaieront pas de m’approcher pour mieux comprendre mes préconisations.

Le drame de l’opposition majoritaire, c’est d’accepter de jouer à une « opposition républicaine » tout en en rejetant les attributs essentiels de cette fonction. De peur d’être assimilé au pouvoir, Jean-Pierre Fabre n’utilise pas les avenues qu’offre le poste de leader de l’opposition politique dont il a hérité. Il n’a presque aucune relation avec les autres institutions de l’Etat et de ce fait, n’est aucunement respecté par les animateurs de l’Etat. Ceci est le résultat d’une longue culture du conflit et du dédain de l’adversaire, comme méthode politique. Au Togo, ont est bon opposant aussi longtemps qu’on est éloigné des milieux du pouvoir. Cette pratique n’a plus cours sur le continent africain; en tout cas, pas dans les pays où l’opposition est une alternative pour le pouvoir. Aucun compromis n’est possible dans la situation actuelle et donc aucune réforme consensuelle.

L’attitude de répulsion perpétuelle fait que les partis de l’opposition n’arrivent à rassurer ni les citoyens qui comptent (notamment la classe moyenne, la diaspora y compris) ni les interlocuteurs politiques en face. Même des personnes ouvertes au changement du côté du régime ne peuvent dialoguer avec cette opposition-là! Ils la trouvent trop radicale, peu crédible et souvent trop hautaine…

Rien ne peut être obtenu dès lors, dans ces conditions en termes de réformes politiques. Mais comment s’y prendre pour changer d’approche et se repositionner sur la scène politique sans renier ses propres valeurs? Tel est la question à laquelle les opposants togolais doivent vite répondre. Il n’est pas question de trahir ses positions, mais d’avancer de manière plus pragmatique.

Il faut beaucoup de courage à cette opposition pour se mettre au diapason des nouveaux enjeux. Elle va même devoir se faire violence, pour abandonner certaines pratiques, en lien avec son rapport à l’Etat. Car face aux défis politiques du moment, le traître dans l’opposition ne sera plus celui qui sera au contact avec le pouvoir, ce sera celui qui reste prisonnier des avatars du déni perpétuel, sans être capable de proposer d’alternative fiable.

Pour les organisations citoyennes: mieux surveiller le processus politique

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Le changement est possible, si dans les deux camps ont abandonne les vieilles méthodes

Lors de la conférence que j’ai animée samedi 7 Avril à Lomé, je disais que la société civile togolaise dans sa forme actuelle n’est pas à la hauteur des enjeux du moment. Ce n’est pas juste pour critiquer. Les organisations de la société civile sont partie prenante de la « léthargie« , dénoncée par les Évêques. Beaucoup d’OSC s’accommodent avec le train-train et s’enlisent dans des actions traditionnelles d’engagement citoyen, sans aucune prise sur la situation nationale. Elles ne sont ni forces d’action ni forces de proposition.

La lettre épiscopale invite la société civile à la « veille citoyenne« . C’est là l’une des positions les plus graves des chefs de l’Eglise romaine au Togo. Grave, parce qu’elle est opportune et totalement adaptée aux conditions internes du moment. Cette invitation est bien en phase avec l’invite à la « non nationalisation de l’indifférence » et à plus de responsabilité de la part des dirigeants.

Si les citoyens et citoyennes doivent renouer avec l’espérance, avec une classe politique plus responsable, cela ne peut arriver que si les organisations citoyennes sont en mesure d’être les voix des sans voix. Evidemment ce nouveau positionnement stratégique a beaucoup d’exigences: en termes de compétence technique, en terme de moyens d’action aussi. Mais le plus important serait d’amener les OSC au pays à comprendre l’importance d’adopter des formes d’action qui leur permettraient non seulement de suivre les politiques publiques, mais aussi d’interagir entre les dirigeants et les autres acteurs politiques, pour faire prévaloir, dans tous les domaines, l’intérêt général.

Tout cela est possible au Togo. Il suffit de travailler plus et d’arrêter de jouer à se faire peur…

Dany

(J’ai écrit cet article dans l’avion qui me ramenait à Kinshasa le 9/5/2016, après 3 jours d’intenses activités à Lomé)

Source: www.danyayida.com 

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