France : Edouard Philippe nommé Premier ministre

Edouard Philippe, nouveau Premier ministre de France

Le nouveau premier ministre français est Edouard Philippe, et sa nomination procède d’une intention politique de fracturer le parti Les Républicains.



Après d’interminables heures d’attentes, les journalistes en auront eu pour leur compte. C’est en 10 secondes que le nouveau secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, a annoncé le nom du  tout nouveau Premier ministre : Edouard Philippe, militant de deux ans au Parti socialiste, ex-rocardien passé du côté de Juppé.

Il est député-maire LR (Les Républicains ) du Havre, juppéiste de la première heure. Âgé de 46 ans, passé par Sciences-Po et l’ENA,  Il a participé à la création de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP-rebaptisé Les Républicains) avec Alain Juppé en 2002. Il est également passé par le privé, notamment en 2008, en tant que directeur des affaires publiques d’Areva.

Pendant la primaire de la droite, il est porte-parole d’Alain Juppé, intégrera plus tard l’équipe de François Fillon, avant de se mettre en retrait après la mise en examen du candidat.

Difficultés en perspectives pour constituer une majorité

Selon le porte-parole du candidat macron, Benjamin Griveaux, le nouveau premier ministre est « l’un de ceux qui correspondent très clairement au profil défini… expérience parlementaire, des compétences et des qualités reconnues, à l’évidence. Il y en d’autres qui correspondent à ce profil, mais il en fait partie ».

En nommant Edouard Philippe ce bras droit d’Alain Juppé, le nouveau président Emmanuel Macron reste dans la logique d’un éclatement du théâtre politique français : dynamiter la gauche et la droite et recomposer une force politique située au centre à l’issue des législatives prochaines.

C’est un coup dur pour le parti Les Républicains, passablement affaibli après la défaite de son candidat François Fillon. L’unité du parti devrait pâtir de ce choix qui constitue tout de même un appel d’air pour des hommes et femmes politiques désespérés.

Néanmoins la tâche ne s’annonce pas facile à la fois pour le président Macron, son mouvement La République en Marche et le nouveau premier ministre. Contrairement à l’Allemagne où il y a une majorité de la population acquise aux idées libérales, le premier tour de la présidentielle a montré plutôt  une France encore arc-boutée à l’Etat-Providence et répulsive à l’austérité budgétaire et à la mondialisation.

Pendant la campagne des législatives, le nouveau Premier ministre devra convaincre de la crédibilité du programme libéral de Macron pour avoir une claire adhésion des Français. Sinon il y a un risque de retrouver une scène politique aussi atomisée que le premier tour de la présidentielle, avec un pays tiraillé entre les partisans du social-libéralisme d’une part, les conservateurs de la droite républicaine, les populo-souverainistes, et la France insoumise de la gauche radicale. Pas sûr qu’une carte politique pareille soit propice aux réformes et au redressement d’un pays politiquement et économiquement affaibli dans le coeur de ces citoyens.

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A propos Komi Dovlovi 847 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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