Le Sommet sur la sécurité reporte la rentrée scolaire

Dans le souci d’éviter des troubles pendant le Sommet sur la Sécurité du 10 au 15 octobre, le Gouvernement vient de reporter la rentrée académique 2016-2017 prévue se tenir le 26 septembre prochain et sur laquelle pèserait en réalité une menace de grève.

Hallucination.  Dans un communiqué rendu public lundi soir par le ministère de l’Enseignement primaire et secondaire, le Gouvernement reporte la rentrée scolaire censée se tenir le 26 septembre. L’argumentaire du report repose sur la tenue du Sommet sur la sécurité maritime qui aura lieu du 10 au 15 octobre prochain.

 Le peuple togolais tout entier se prépare activement à accueillir le sommet extraordinaire des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union Africaine sur la sûreté, la sécurité maritimes et le développement en Afrique qui va se dérouler à Lomé du 10 au 15 octobre prochain », indique le communiqué du gouvernement togolais. Le report devrait amener  à « créer les conditions idoines pour une bonne organisation et une réussite totale de ce grand événement .

 

Menace de grèves à la rentree

Le communiqué précise que le report concerne tous les «ordres d’enseignement et sur toute l’étendue du territoire national ». Le Gouvernement a pris même une précaution langagière pour rassurer les parents d’élèves visiblement inquiets d’un tel revirement que tout se passe bien dans le meilleur des mondes de l’éducation possibles.  Tout va bien donc:

L’année scolaire 2015-2016 a pris fin sur de très bonnes notes à la satisfaction de la communauté éducative toute entière. Le gouvernement se réjouit du climat de confiance mutuel entre tous les acteurs  du monde éducatif et félicite les enseignants, les élèves, les parents, les associations de parents d’élèves, les syndicats d’enseignants ainsi que les partenaires techniques et financiers, met en exergue le communiqué.

Une précaution de trop qui trahit la raison sous-jacente du report de la rentrée académique 2016-2017.  Tous « les acteurs du monde éducatif » ne sont pas disposés à effectuer la rentrée en toute sérénité. La grogne couve dans les milieux syndicaux enseignants qui font peser sur la rentrée des menaces de grèves de toute sorte.  Les enseignants du public reprochent au gouvernement son refus le versement  en intégralité des primes de 150.000 CFA  à la rentrée. Il s’agit essentiellement de primes de bibliothèque et de craie pour les enseignants « à la craie » (chargés de cours) et 75.000 CFA pour les enseignants de bureau (responsables non chargés de cours). Pendant les discussions avec les syndicats, le gouvernement a décidé de mensualiser les primes de rentrée. Ces primes sont entrées en vigueur depuis deux ans, et constituent une pomme de discorde à chaque rentrée.

Le régime n’entend donc pas donner l’opportunité aux syndicats de mettre les enfants dans la rue comme moyen de pression sur le gouvernement.

A défaut de résoudre le problème des primes, il faut éteindre le moyen de pression : pas de rentrée, pas d’élève dans la rue. Point barre !

La réussite de ce sommet est une obsession pour le Gouvernement et son ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey.  Et il n’entend donc pas transigé sur les moyens pour se donner un sommet parfait. Depuis la tenue du 36ème sommet de l’OUA  en juin 2000, la capitale togolaise n’a plus connu de telles fêtes mondaines auxquelles elle fut habituée pendant les années Eyadema.

Faure Gnassingbé aura donc son coûteux sommet sur la Sécurité maritime. Les enfants togolais peuvent continuer à folâtrer quand leurs voisins des pays de la CEDEAO et de l’UEMOA, seront dans les classes. Une vision d’un « Togo 2030 Immergeant ».

 

 

 

 

 

 

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A propos Komi Dovlovi 835 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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