Education : La grève des enseignants absente du Conseil des ministres

Les élèves bloquant un véhicule semi-remorque à Dapaong (600 Kms de Lomé)

Timide reprise des cours après trois de grève, une petite accalmie car le Conseil des ministre a ignoré les agitations du front social.

Une relative accalmie est constatée depuis ce matin dans les écoles publiques du Togo après trois jours de grève lancée par trois syndicats enseignants : la CSET, la FESEN et l’USET. Les organisations syndicales se sont donc félicitées de la réussite de leurs actions.

La grève a pourtant connu des dérapages dans plusieurs localités, surtout  dans la capitale Lomé. Des milliers d’élèves des écoles publiques ont délogé leurs camarades des écoles privées, occasionnant des casses voire des blessés.

Malgré la réussite d’une grève massivement suivie, on constate un black-out total du côté du gouvernement togolais. Le sujet n’a même pas été évoqué au Conseil des ministres tenu ce 15 mars et sanctionné par un communiqué insipide portant sur la métrologie. Lire ici le COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES 15 MARS OK.doc.

Le gouvernement reste dans une logique de fermeté face aux syndicats qui entendent renouveler les actions jusqu’à obtention des satisfactions.

Dans un article sur le site officiel évoquant la grève, a été publié un fichier faisant l’état des lieux des primes des enseignants. Le gouvernement note une hausse des primes et des salaires ces dernières années et récuse la condition d’enseignants « parents pauvres de la fonction publique« .

« Après les professeurs d’universités et les magistrats, les enseignants sont les mieux lotis. Ils ont des avantages qui sont beaucoup plus importants que les autres fonctionnaires. C’est particulièrement vrai pour les salaires qui ont été revus à la hausse ces dernières années», écrit www.republicoftogo.com

Il s’ensuit que le gouvernement n’entend pas céder aux grèves « ni à la prise des élèves en otage« , considérée comme une forme de chantage. Pas donc d’achat de paix sociale. Par contre, Faure Gnassingbé et ses ministres comptent sur le pourrissement de la situation et son essoufflement.

Risque d’une année blanche ?

Cependant le raidissement du gouvernement et des syndicats n’est pas de nature à faciliter le règlement de la situation. L’école togolaise se délite encore plus sérieusement avec ces images d’enfants inquiets de leur oisiveté manifestant dans la rue.

Le second trimestre tend vers sa fin et le troisième est consacré aux examens de fin d’année, dont celui du baccalauréat, synchrone au niveau régional. Et à peine le tiers du programme est entamé, des sources proches des syndicats.

Aussi, dans certains lycées publics, les classes de première viennent-elles à peine de commencer les chapitres en « sciences de la vie », contrairement aux élèves des écoles privées. Les examens du baccalauréat première partie auront lieu en mai.

L’école togolaise est depui la fin des années 1980 sur une pente déclive structurellement en voie délitement. Année après année, les enseignants multiplient  les grèves sans que l’on constate une évolution notable sur le terrain.  Le gouvernement et les syndicats prendront-ils le risque de creuse encore plus la tombe de l’école ?

 

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