Sanctionné par les États-Unis, Joseph Kabila dénonce une décision «injustifiée»

Joseph Kabila dans le Goma en 2025

L’ancien président de la RDC, accusé par Washington et Kinshasa de soutenir le groupe armé AFC/M23, a dénoncé vendredi 1er mai une décision « profondément injustifiée » et assuré de sa détermination à lutter contre le régime en place « envers et contre toute forme de pression ».

Les États-Unis ont accusé jeudi 30 avril Joseph Kabila, au pouvoir de 2001 à 2019, de chercher à « déstabiliser le gouvernement de RDC » et d’apporter un soutien financier à l’AFC/M23, groupe antigouvernemental soutenu par le Rwanda, qui s’est emparé de vastes pans de territoires dans l’est du pays et clame sa volonté de renverser le régime du président Félix Tsisékédi.

Joseph Kabila « a appris avec étonnement la décision du gouvernement américain le visant, décision qu’il considère profondément injustifiée, politiquement motivée et fondée sur des accusations non étayées de preuves irréfutables », selon ce communiqué transmis à l’AFP.

L’ex-président, qui se trouve sur la liste noire des personalités frappées de sanctions économiques par le service gouvernemental américain OFAC, « rassure le peuple Congolais » de « sa détermination à œuvrer sans relâche, envers et contre toute forme de pression, pour mettre fin à la dictature », ajoute le texte

Kinshasa se félicite des sanctions

De son côté, Kinshasa a salué vendredi un « acte important en faveur de la lutte contre l’impunité », qui « restreint les capacités de mobilisation financière » et « de soutien logistique susceptibles d’alimenter et de prolonger la guerre ».

Fin septembre, la justice congolaise avait condamné Joseph Kabila par contumace à la peine de mort pour « complicité » avec le M23 et sa branche politique, l’Alliance fleuve Congo (AFC).

La décision américaine « se fonde sur le narratif du pouvoir de Kinshasa qui avait été incapable de soutenir les accusations formulées contre lui par la moindre preuve devant la justice militaire congolaise », a estimé Joseph Kabila.

Un accord de paix qui peine à se concrétiser

La RDC et le Rwanda ont signé début décembre à Washington un fragile accord de paix sous l’égide du président Donald Trump. Cet accord comporte une contrepartie économique visant à assurer à l’industrie de pointe américaine un approvisionnement en minerais stratégiques dont les sous-sols congolais regorgent.

Le gouvernement de la RDC a exprimé vendredi « sa reconnaissance à l’administration Trump » pour sa décision de sanctionner Joseph Kabila, estimant qu’elle « s’inscrit dans le cadre des efforts pour le respect des engagements souscrits à travers les accords de Washington ».

Expert dans l’art de manier le secret, Joseph Kabila est resté très discret ces dernières années sur ses nouveaux lieux d’attache, faisant quelques apparitions notamment en Afrique du Sud et en Namibie. L’an dernier, il a fait une apparition surprise à Goma, grande ville de l’est de la RDC tombée aux mains de l’AFC/M23 en janvier 2025.

Avec AFP


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A propos Colombo KPAKPABIA 1733 Articles
Colombo Kpakpabia est Directeur de publication du journal Le Temps. Il capitalise plus de 32 ans d'expérience dans la presse écrite et audiovisuelle. Colombo axe son travail sur la recherche et l'efficacité. Contact Email: [email protected]

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