Le président Cyril Ramaphosa a nommé Roelf Meyer représentant de l’Afrique du Sud aux États-Unis. Le nouvel ambassadeur est un Blanc, était ministre dans le dernier gouvernement d’apartheid et incarne la transition démocratique.
Donald Trump le prendra-t-il comme un signe d’apaisement ? C’est un Blanc que le président Cyril Ramaphosa a nommé, le 14 avril, ambassadeur aux États-Unis. Roelf Meyer a 78 ans et il occupa plusieurs portefeuilles sous la présidence de Frederik de Klerk, dans le dernier gouvernement d’apartheid.
En Afrique du Sud où il est loin d’être un inconnu, Roelf Meyer a une réputation de réformiste. Souvent décrit comme un « vétéran de la négociation », il a été le principal interlocuteur du Parti national (NP) blanc lors des pourparlers qui ont mené au démantèlement du régime d’apartheid. Plus tard, en 2006, il rejoindra le parti de Nelson Mandela, le Congrès national africain (ANC).
« Génocide blanc » ?
L’Afrikaner va poser ses bagages à Washington, une année après l’expulsion de son prédécesseur, Ebrahim Rasool, déclaré persona non grata par le secrétaire d’État américain Marco Rubio. En dehors de la position sud-africaine sur l’intervention israélienne dans la bande de Gaza, la pomme de discorde entre les deux administrations avait bien été le sort présumé des « frères blancs » de Meyer, pour la plupart descendants des premiers colons néerlandais, français et allemands.
Sous l’influence notamment de son « favori » de l’époque, le Sud-Africain Elon Musk, le 47e président des États-Unis avait accusé l’Afrique du Sud de « génocide blanc », offert le statut de réfugiés à des fermiers afrikaners jugés « menacés », mis fin à toutes les aides américaines à destination de l’Afrique du Sud, boycotté le sommet du G20 organisé à Johannesburg et vraisemblablement fait pression pour que Pretoria soit tenue à l’écart de l’édition 2026 du G7.
La nomination du nouveau représentant de Pretoria à Washington – « l’homme de la situation » selon Cyril Ramaphosa – donnera-t-elle un nouvel élan à cette relation bilatérale en dents de scie ? Jusqu’à présent, Donald Trump n’a eu que peu d’égard pour l’Afrique du Sud : il a nommé ambassadeur un certain L. Brent Bozell III, vétéran septuagénaire de la sphère politique américaine dont les critiques acerbes et les déclarations tonitruantes ont déjà provoqué de vives tensions.
Ministre de la Défense puis des Affaires constitutionnelles au sein des derniers gouvernements de Frederik de Klerk, Roelf Meyer n’a guère d’expérience formelle dans le monde de la diplomatie. Pour l’heure, sa nomination semble assez consensuelle, en Afrique du Sud, à part peut-être au sein de… la droite afrikaner, comme le souligne The Daily Maverick. Rancune contre celui qui aurait « soldé » l’héritage du Parti national avant de le quitter ?
Jeune Afrique
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