Esclavage : Léon XIV demande « sincèrement pardon » au nom de l’Église

Après son périple africain, le Pape a publié l’encyclique « Magnifica Humanitas » dans laquelle il évoque notamment le rôle que le Saint-Siège a joué dans la légitimation du commerce triangulaire.

Après le Ghana, qui s’est permis d’affirmer – vote de l’ONU à l’appui – que l’esclavage était le « plus grave crime contre l’humanité », le pape est lui aussi monté au front mémoriel. Dans l’encyclique Magnifica Humanitas (L’Humanité magnifique), il aborde la traite négrière, au détour de son analyse de l’actuelle révolution numérique, Intelligence artificielle en tête, qui alimente, selon lui, de nouvelles « formes d’esclavage et de colonialisme ».

Digressant au paragraphe 176 de sa lettre pontificale, Léon XIV indique que personne ne peut « nier ni minimiser le retard avec lequel l’Église et la société ont condamné le fléau de l’esclavage ». Il évoque le rôle joué par de précédents souverains pontifes qui donnèrent aux rois européens le droit de soumettre et d’asservir les « infidèles ». Et l’actuel pape de déclarer solennellement : « Pour cela, au nom de l’Église, je demande sincèrement pardon. »

Blanc-seing aux esclavagistes

Si Jean-Paul II, entre autres successeurs de Pierre, avait présenté des regrets pour le commerce triangulaire, en 1985, au Cameroun, et en 1992, au Sénégal, il avait moins reconnu la responsabilité de l’institution religieuse que celle de vagues « baptisés ». Les archives du Saint-Siège regorgent pourtant de « bulles papales » compromettantes et jamais abrogées. Par exemple, le pape Nicolas V, dans son texte Dum Diversas de 1452, autorisait le roi du Portugal et ses successeurs à « réduire […] en esclavage perpétuel » les « Sarrasins, païens et autres infidèles et ennemis du nom du Christ ».

Léon XIV considère également qu’à travers de trop longues ambiguïtés, l’Église a « longtemps toléré l’esclavage et n’en est venue qu’ensuite à le condamner de manière absolue ». Il s’agit pour lui « d’une blessure dans la mémoire chrétienne de laquelle nous ne pouvons-nous considérer comme étrangers ».

Jeune Afrique


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A propos Colombo KPAKPABIA 1797 Articles
Colombo Kpakpabia est Directeur de publication du journal Le Temps. Il capitalise plus de 32 ans d'expérience dans la presse écrite et audiovisuelle. Colombo axe son travail sur la recherche et l'efficacité. Contact Email: [email protected]

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