La période des Evala offre une opportunité aux revendeurs et commerçants, notamment les revendeuses de Tchoukoutou (boisson locale à base de mil) et de la viande de porc, denrées très prisées sur les sites de lutte, de maximiser leurs chiffres d’affaires. Mme Payaguelé Prenam et M. Kpizia Badabouè, exercent, respectivement, ces activités dans les environs des aires de lutte des cantons de Lama et de Kouméa. Sourires aux lèvres, ils ont exprimé, le vendredi 17 juillet, dans ces localités, leurs satisfactions au micro de l’envoyé de l’Agence togolaise de presse (ATOP)
« Je serais la plus heureuse si les luttes duraient un mois »
Rencontrée sur le site de lutte de Lama-Kolidè, envahie par les clients, Mme Payaguelé, a confié, avec empressement, la joie qu’elle éprouve d’exercer son activité au moment des luttes Evala. : « Avant les Evala, je vendais seulement les samedis, et j’arrivais à écouler un « ducro » de Tchoukoutchou qui me rapportait au moins 8000F CFA et lorsque quelqu’un venait acheter toute la boisson, je la lui cède à 7000F », confie-t-elle, soulignant qu’elle vend largement mieux en période des luttes. « Durant cette semaine, comme les gens consomment beaucoup, je peux vendre au moins neuf « ducros » pour encaisser 72.000 F », témoigne Mme Payaguelé. Elle fait remarquer que ces recettes dépassent largement ce qu’elle gagnait en un mois avant le démarrage de ce rituel ancestral. Visiblement très ravie, cette mère de trois enfants, avoue qu’elle serait encore plus heureuse si les luttes duraient au moins un mois. « Avec cet argent, j’arrive à répondre à certains besoins de ma famille », assure-t-elle.
« Mon activité prospère surtout en période d’Evala »
Même son de cloche chez M. Kpizia avec qui nous avons échangé à Kouméa. Agé de 43 ans, ce père de famille témoigne : « J’avais décidé d’exercer cette activité de vente de viande de porc pour subvenir aux besoins de ma famille et aujourd’hui je ne regrette pas en voyant comment mon activité prospère, surtout en période d’Evala ». Il dit qu’en temps normal, il abattait deux porcs pour la vente par semaine avec un chiffre d’affaires de 320.000 FCFA mensuel, alors que rien que pour ce temps d’Evala, ces recettes se chiffrent déjà à 240 000 FCFA pour six porcs égorgés et vendus.
Comme eux, la plupart des acteurs économiques opérant dans divers domaines, interviewés sur d’autres terrains de luttes, donnent les mêmes versions. Ils évoquent, tous, une nette augmentation de leurs ventes lors de cette fête initiatique des jeunes kabyè de 18 à 20 ans marquant leur passage dans la classe des adultes.
Atop
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