Liberté conditionnelle d’Ouro-Djikpa Tchatikpi le 10 août

Le numéro 2 du PNP (Parti national panafricain) a été remis en liberté conditionnelle le 10 août dernier, après plus de trois mois de captivité sans jugement.

Le conseiller politique de Tikpi Atchadam a été arrêté le 20 avril dernier à Agomé, un quartier de la commune d’Agoè, en compagnie de plusieurs militants du PNP, par le SRI.

Il a ainsi passé plus de trois mois en captivité à la prison civile de Lomé, l’un des plus horribles lieux de détention au monde. Le Comité contre la torture des Nations Unies a vivement recommandé cette semaine la fermeture de cette prison.

Malgré son statut de conseiller politique de Tikpi Atchadam, Ouro-Djikpa Tchatikpi est quasiment le numéro1 du PNP. Véritable cheville ouvrière, cet orateur hors-pair en kotokoli tient la baraque depuis le départ en exil forcé de M. Atchadam.

Politique de répression anti-PNP

Les motifs de l’arrestation de M. Tchatikpi n’ont jamais été officiellement communiqués, et il n’a jamais été présenté à un juge. Toutefois, plusieurs militants du parti sont en détention suite à la marche non autorisée du 13 avril dernier.  Ces arrestations interviennent dans un climat de répressions tous azimuts du parti de Tikpi Atchadam.

Aussi, depuis 2018, le gouvernement a déployé un important dispositif militaire à Sokodé. Les réunions politiques du PNP sont systématiquement dispersées. Pas plus tard que le 10 août dernier, une réunion du PNP a été dispersée à coups de gaz lacrymogène à Kadambara, un quartier de Sokodé. De même les villes de Mango et de Bafilo sont dans l’oeil du cyclône à la moindre incartade.

Le PNP a surgi sur la scène politique à la faveur des manifestations synchronisées savamment organisées par M. Atchadam dans les principales villes du Togo ainsi que dans la diaspora. Elles réclamaient le retour à la Constitution de 1992 et la fin du régime militaro-civil cinquantenaire des Gnassingbé. Par la suite, une coalition des partis d’opposition et du PNP a mené sans succès le combat pour une modification plus démocratique de la Constitution.

Le PNP, un épouvantail pour le pouvoir

Le pouvoir a repris depuis du poil de la bête par l’organisation des législatives à l’exclusion de l’opposition en décembre 2018, et une écrasante victoire à des locales controversées.  

Le vote d’une loi limitant de façon drastique la liberté de manifestation au Togo met le pays en coupe réglée et couronne la mainmise du parti sur les institutions centrales.

En dépit d’une opposition affaiblie par des divisions, et l’exil de Tikpi Atchadam, le pouvoir se méfie du PNP. Le parti dont la base repose sur l’ethnie et la religion a réussi à aliéner les Tems au pouvoir. Il crée en outre une fracture dans le Nord considéré comme fief du pouvoir,  sans oublier qu’il est la coqueluche de la jeunesse togolaise.

Une approche stratégique électorale incluant le PNP et des leaders politiques originaires du Nord à l’approche de la présidentielle saperait profondément les fondements du régime.

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A propos Tony Feda 68 Articles
Journaliste indépendant. Ancien Fellow de l'Akademie Schloss Solitude (Stuttgart, Allemagne), Tony FEDA s’intéresse à la sociologie, la culture- ses domaines de prédilection sont la littérature et les arts de la scène du Togo. A travaillé pour plusieurs journaux dont Le Temps, Notre Librairie. www.culturessud.com. Depuis août 2018, s'inspirant de Robert Park et de Bourdieu, il entame sur son blog www.afrocites.wordpress.com des projets sur des thèmes concernant la ville.

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