Vives critiques après l’agression du journaliste mozambicain Ericino de Salema

Un journaliste mozambicain, Ericino de Salema, brièvement enlevé et roué de coups mardi, suscite une avalanche de critiques dans le pays. Climat de peur !

Aussi avocat, défenseur des droits humains et commentateur très critique du gouvernement, Ericino de Salema a été enlevé mardi en plein centre de Maputo par des hommes armés. Il a été retrouvé par des témoins deux heures plus tard à 30 km du lieu de l’enlèvement, sérieusement blessé. Il a été conduit à l’hôpital.

« Il a été torturé et abandonné dans un état considéré comme sérieux par les médecins. Il souffre de fractures multiples et doit être opéré des deux jambes et du bras gauche « , selon son épouse, Neusa Ribeiro.

M.de Salema est l’un des intervenants-vedette d’une émission baptisée « Points de vues » diffusée sur une télévision privée, où il dénonce régulièrement les abus du gouvernement. Sa femme a assuré qu’il avait reçu des menaces anonymes pour lui dire « qu’il parlait trop et qu’il avait dépassé les limites ».

Le Premier ministre s’est rendu jeudi au chevet du journaliste et a promis de « tout faire pour retrouver les auteurs du crime ». La police a ouvert une enquête.

L’opposition, les journalistes et la société civile du pays ont rendu le gouvernement responsable du climat de violence qui, selon eux, se développe au Mozambique.

« L’enlèvement et la torture d’Ericino de Salema ne sont pas isolés. C’est devenu une habitude, spécialement ces dernières années », ont déploré dans un communiqué un groupe de journalistes et patrons de presse du pays.

En 2016, l’universitaire Jaime Macuane, qui participait à la même émission « Points de vues » que M. de Salema, avait été enlevé et roué de coups dans les même conditions.

Le Temps avec AFP

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