Des vœux togolais

Encore la fin d’une année. Et puisqu’il faut toujours sacrifier au rituel, les Togolais se souhaitent des vœux. La tradition voudrait qu’ils soient l’expression de bonnes intentions. Donc on se dit des choses, auxquelles on  croit à peine, puisqu’on aurait de toutes les façons l’occasion d’y revenir l’année prochaine ; si Dieu nous donne la vie !

Le Chef de l’Etat a serré les mains à une partie de la classe politique : simple routine républicaine. Certains n’y sont pas allés : simple convenance politique. Soit ! On peut polémiquer sur la chose autant qu’on veut. Mais ça ne changera rien à la réalité. Tout cela est togolais. On fait semblant, comme le gouvernement lui-même qui n’a cure des bonnes intentions qu’il renouvelle à longueur d’années.

Nous tenons ce trait de caractère des longues années de péripéties politiques : de revendications jamais assouvies et de promesses de réformes jamais tenues. La confiance ne règne guère ; alors pourquoi ne pas simuler ? « Se donner l’illusion de faire comme des gens normaux, dans un pays normal », écrivait il y a quelques temps sur son mur Facebook, un de nos chers amis qui se reconnaîtra.

Qu’est-ce qu’on se souhaite alors, en pensant au pays nôtre ? Quelles sont ces intentions-là qui le mieux traduisent nos profonds desiderata et qui pousseraient nos décideurs vers l’accomplissement inéluctable de ce qui fera notre satisfaction collective? La fin d’année est la période idéale pour faire le point et décider de la marche à suivre pour mieux faire. Sur nos performances politiques, nous sommes au bas de l’échelle. Notre Etat reste fragile, en dépit de tous les avatars dont le régime UNIR le couvre. Les institutions ne sont pas aussi différentes de celles de l’Etat du parti unique de la fin des années quatre-vingt. Bien sûr, elles sont légèrement différentes, dans leur dénomination et dans leur attribution. Mais es maux restent les mêmes et les résultats de la gouvernance aussi. Il n’y a que la classe politique qui a vieilli ; avec quand même un jeune leader à la tête du pays, qui ne sait quoi faire des attentes légitimes du peuple dont il se croit après tout dépositaire de la survie. Il a le destin d’un prince, n’est pas ? Alors on dit quoi ?!

On ne dit rien du tout ! Ici tout baigne. Oh oui, le Togo va bien, rien que par la grande espérance que ses filles et fils continuent à nourrir pour un lendemain meilleur (elavagnon kokoko, la prière du misérable dépouillé de tout rêve digne d’un citoyen libre…). Ceux qui ne sont pas contents des réalisations du pouvoir en place peuvent donc maigrir, ou s’exiler et aller rejoindre les millions de nos compatriotes qui sont partis, parce qu’ils n’y avaient pas cru. Personne ici n’a envie de les voir revenir. Car c’est dans ce groupe qu’on trouve encore des irréductibles du changement intégral, engoncés dans leurs rêveries d’un Togo « dégnassingbélisé », comme écrivait récemment un militant de « l’opposition cybernétique ».

Sérieux ! La Nation est toujours en panne. Les artisans à l’œuvre sont incapables du meilleur souhaité. Ils se médisent et se mentent. Ils s’imposent et manipulent. Après tout on n’est pas obligé de suivre le spectacle. C’est du togolais.

Le Temps vous souhaite la paix du cœur, et la force de croire que demain est un autre jour.

La Rédaction.

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