Présidentielle 2015 : Vers une alliance électorale UNIR-UFC

Alors que la composante dominante de l’opposition togolaise continue à réclamer la tenue de négociations préalables à la tenue de l’élection présidentielle de l’été 2015 au Togo, on assiste à un rapprochement de plus en plus affirmé entre Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio. Les observateurs n’excluent pas un accord entre leurs deux partis en perspective de la présidentielle de l’année prochaine.

Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio, lors des festivités du 54ème anniversaire de l'indépendance
Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio, lors des festivités du 54ème anniversaire de l’indépendance

La participation de Gilchrist Olympio aux cérémonies de commémoration du 54ème anniversaire de l’indépendance du Togo est considérée par certains comme la confirmation du rapprochement entre les deux dirigeants. Le précédent accord politique entre l’UFC et le RPT (devenu UNIR en 2010) a été mis à mal à la suite des élections législatives de 2013. Le parti d’Olympio n’y a récolté que 3 sièges. Comme effet induit, le nombre de portefeuilles ministériels détenus par l’UFC dans le gouvernement a drastiquement diminué, passant de 7 à 3.

Des négociations secrètes

L’homme de Faure Gnassingbé chargé des relations avec l’ancien leader de l’opposition politique togolaise n’est autre que Barry Moussa Barqué, Conseiller spécial du chef de l’Etat. Cet ancien ministre des gouvernements de Gnassingbé Eyadema aurait des rencontres régulières avec le fils du premier président du Togo. La mission de Barqué consiste à rassurer le vieil opposant en le maintenant dans les grâces du pouvoir. En février dernier, Barqué a réussi à organiser une rencontre au domicile de Gilchrist à Wuiti, entre ce dernier et Faure Gnassingbé. Cette rencontre qualifiée de « visite surprise » par les sources proches de la présidence avait duré une heure environ. Officiellement Faure consulte Gilchrist sur les principales questions de la politique nationale, le sujet des réformes politiques et d’autres affaires sur lesquelles le chef de l’Etat requerrait l’avis de l’homme d’affaire chef de parti.

Sur fond de rancune

Pour le président national de l’UFC, la proximité avec le pouvoir à Lomé est devenue une nouvelle arme contre ses anciens collaborateurs de l’opposition. On le sait, le divorce entre Olympio et Fabre est totalement consommé depuis la création de l’Alliance des Forces de Changement (ANC) devenue la première force de l’opposition à l’Assemblée nationale. Des déballages faits en février dernier sur de prétendues relations nouées avec la dictature au moment où Jean Pierre Fabre, Patrick Lawson et leurs camarades de l’ANC avaient en main la direction de l’UFC, visaient sans doute à affaiblir Fabre et son groupe. Aujourd’hui Olympio fort de ses entrées auprès de Gnassingbé passe pour l’opposant le plus pragmatique. Il se considère toujours comme un membre de l’opposition et promet à ses partisans « l’alternance pacifique » en 2015.

2015, comme au poker

Les réformes politiques sont toujours à l’ordre du jour, mais les vraies négociations ne se font pas là où on les attendait. Faure Gnassingbé qui tente de redorer son image au sein de l’opinion nationale et auprès de la communauté internationale veut des élections sans bavure. Il ne concèdera aucun compromis de nature à lui compliquer les choses. Les relations actuelles qu’il maintient avec Olympio pourraient être le gage d’un deal, entre UNIR et UFC. Il est difficile de déterminer aujourd’hui les donnes de cette future collaboration électorale, mais tout semble indiquer que les deux meneurs sont plus que sûrs de leur coup.

K. Agboglati

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