Elle vole 25 CFA pour acheter un beignet, sa mère lui brûle les mains

La mère voulant d’une fille très bonne manière, n’a pas pardonné à sa fille d’avoir piqué cinq sous pour acheter un beignet. Elle lui a brûlé les mains. 

Appelons-là D. Elle a à peine 7 ou 8 ans, et elle a les yeux de sa mère. Comme tous les enfants de son âge, elle est attirée par les beignets de la revendeuse, surtout quand ces fritures chaudes exhalent une odeur  excitant les papilles gustatives. On croit pénétrer l’âme de cette mouture de banane et de farine de maïs.   Mais D. n’a pas de tune. Elle fit la ronde. Tiens, il y a les 25 Cfa de la mère sur la table !  Elle va pouvoir la croquer cette friture de kanklo de banane plantain ! L’argent disparut et le beignet fondit sur la langue de D. Mais le seul morceau beignet était si petit, si menu, qu’elle en sentit à peine le goût. Chimérique. Un péché mignon de gourmandise. Un péché capital. Ailleurs, ça mérite une manche courte ! Chez les Ewés, une fille ne vole pas, elle doit faire la pute ! Cette enfant file décidément un mauvais coton. 

La brûleuse de main
La brûleuse de main

La mère qui voulait d’une fille très bonnes manières  en fut révulsée.   Voler 25 Cfa pour acheter un beignet ? Quel crime abominable ! Le cas fut  jugé pendable par la génitrice, mais, indulgente, elle commua la peine. On ne l’accusera pas d’avoir assassiné sa fille : D. aura les mains brûlées pour expier son forfait. Ça lui apprendra à voler de petits sous !

Ce fut ainsi cette journée, dans une modeste famille de Tokoin- Cébévito. Mais le Togo est un Etat de droit et les parents n’ont pas droit de vie et de mort sur leurs progénitures. La mère est en garde à vue !

 

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A propos Komi Dovlovi 1007 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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