A Las Vegas, les prix de l’essence s’envolent au-dessus des 5 dollars

A Las Vegas, le prix de l’essence a flambé avec la guerre menée par les Etats-Unis contre l’Iran et l’inflation. Entre budgets serrés et kilomètres à limiter, des Américains racontent comment ils vivent cette hausse à la pompe

Cinq dollars et parfois bien davantage pour un gallon d’essence (environ 3,8 litres) ! Dans l’Ouest américain, faire le plein est redevenu une dépense que l’on surveille de près. Au Nevada, la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, à laquelle s’ajoute l’inflation, se lit désormais directement sur les panneaux des stations-service, avec une question très concrète pour les automobilistes : combien de temps les prix vont-ils encore grimper ?

A Las Vegas, le gallon d’essence atteint désormais 5,36 dollars en moyenne, contre 3,94 dollars il y a un an. A l’échelle du Nevada, le constat est presque identique : 5,37 dollars, soit près de 1,50 dollar de plus en douze mois. Le record historique de juin 2022, à 5,68 dollars, n’est plus très loin. Pour le diesel, le prix atteint désormais 6,84 dollars le gallon, pratiquement trois dollars de plus qu’il y a un an.

Le Nevada affiche des prix très élevés

Face à ces envolées, John Delisle, professeur d’arts plastiques à Las Vegas a fait comme beaucoup d’Américains, il a développé ses propres stratégies : comparer les stations, utiliser des applications et privilégier les enseignes les moins chères. « Pour trouver de l’essence sous les cinq dollars. Il faut chercher. »

Une habitude qui prend tout son sens alors que l’essence flambe dans l’ensemble du pays. Mais le Nevada fait partie des Etats les plus chers, derrière notamment la Californie et ses 6,24 dollars le gallon. « Quand vous allez dans l’Utah [4,98 dollars], c’est moins cher qu’à Las Vegas. Et la Californie, j’ai presque peur d’y aller parce que l’essence dépasse les six dollars », raconte-t-il.

Enchaîner les miles coûte très cher

Pour lui, le problème n’est pas seulement le prix affiché à la pompe. A Las Vegas, une agglomération très étendue où la voiture reste indispensable, les kilomètres s’accumulent vite. « Nous avons deux enfants qui font du sport. Les entraînements et les matchs sont à une demi-heure, parfois une heure de chez nous. Il faut faire l’aller-retour et ça fait mal. Sans leurs activités sportives, financièrement, nous nous en sortirions beaucoup mieux. »

Derrière cette nouvelle flambée se trouve d’abord la guerre en Iran. Les combats et les perturbations du trafic pétrolier au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, ont fait bondir le cours du brut. Le Brent a de nouveau franchi la barre des 100 dollars en septembre.

« Je dépense moins que ce qui ne rentre »

Donald Trump lui-même ne nie plus les conséquences du conflit sur les prix de l’énergie. Le président américain a reconnu que la guerre avait fait grimper les cours et estime qu’ils pourraient ne pas véritablement redescendre avant les élections de mi-mandat de novembre. Il défend néanmoins l’intervention américaine en Iran, jugeant le coût économique nécessaire pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.

Un raisonnement que partage en partie Bob Fink. Ce retraité de Henderson qui continue de travailler pour le groupe de casinos MGM assure avoir organisé ses finances pour absorber ce genre de choc. « J’ai prévu à l’avance. Je dépense moins que ce qui ne rentre chaque mois. J’ai toujours essayé d’anticiper ce type de situation. » Résultat : « La hausse du prix de l’essence ne nous affecte pas vraiment. »

Tout n’est pas la faute de Donald Trump

Pour Bob Fink, « les médias retournent les histoires en disant que tout est la faute de Trump ». Et il assume le prix à payer : « Je peux accepter de perdre un peu d’argent avec l’essence si cela garantit notre liberté et celle d’autres pays. » Michael Heney, lui aussi retraité à Henderson après une carrière chez Seattle City Light, tient un discours assez proche, mais insiste davantage sur ses conséquences sociales. « Cela ne nous touche pas directement parce que je suis retraité et que nous nous en sortons correctement. Mais si j’étais encore en activité, cela m’affecterait énormément. Je serais probablement obligé de prendre un travail supplémentaire pour couvrir les coûts. » Il pense aux familles. « Cela représente un véritable défi pour elles, surtout lorsqu’il n’y a qu’une seule personne qui travaille. »

A Las Vegas comme ailleurs aux Etats-Unis, la guerre en Iran est ainsi entrée dans le quotidien par un lieu stratégique : la station-service. Si certains ménages disposent encore de suffisamment de marge pour absorber le choc, pour les familles qui travaillent et multiplient les trajets, chaque hausse de quelques cents oblige à refaire les comptes.

Laurent Garrigues, 20minutes.fr


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A propos Colombo KPAKPABIA 1086 Articles
Colombo Kpakpabia est Directeur de publication du journal Le Temps. Il capitalise plus de 31 ans d'expérience dans la presse écrite et audiovisuelle. Colombo axe son travail sur la recherche et l'efficacité. Contact Email: [email protected]

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