L’ex-président ivoirien a finalement accepté d’être reconduit à la tête de son parti politique, après la mise à pied de quelques frondeurs qui n’avaient pas accepté, lors des dernières élections, la stratégie de la chaise vide.
S’effacera ? S’effacera pas ? Empêché d’être candidat à la dernière présidentielle ivoirienne, du fait d’une nuance entre « grâce » et « amnistie », le désormais octogénaire Laurent Gbagbo avait esquissé publiquement le projet d’une retraite politicienne.
Est-ce parce que son « meilleur adversaire », Alassane Ouattara, a décidé de prolonger sa carrière politique sur le fauteuil suprême ? Est-ce parce que l’échec relatif, pour l’instant, du jeune Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) implique un baroud d’honneur de son mentor, après les longs déchirements du Front populaire ivoirien (FPI) ? Toujours est-il que le « Woody de Mama » a rempilé, officiellement sous la pression d’une « ferveur populaire » qui souhaiterait qu’il reste en activité pour guider un « peuple ivoirien en grande difficulté ».
C’est dès le premier jour du premier congrès ordinaire de la formation politique, organisé les 14 et 15 mai au Palais de la culture de Treichville, que l’ancien chef d’État a été reconduit, en son absence, à la tête du parti dont il est le héraut. Avec des airs d’oxymore, l’objectif affiché est tout à la fois d’assurer la continuité et de redynamiser les activités. Le PPA-CI n’a participé ni à la dernière présidentielle, ni aux récentes législatives, de 2025.
Unité après la purge
Si les airs de plébiscite − reconduction du fondateur par acclamation − et l’euphorie communicative des 3 000 congressistes diffusent une impression d’unité enviable, il s’agissait pourtant de resserrer les rangs, après la stratégie contagieuse de cavalier seul de certains militants du PPA-CI, notamment l’ancien vice-président exécutif du parti, Ahoua Don Mello, candidat solitaire et malheureux à la présidentielle d’octobre.
Trois frondeurs ont été radiés du parti par le comité central et 62 autres militants ont été suspendus, pour des périodes de purgatoire allant de trois à dix-huit mois. Parmi les « purgés » figurent le maire de Lakota, Prince Arthur Dalli, le député aujourd’hui indépendant Stéphane Kipré ou encore le professeur Georges Armand Ouégnin.
Désobéissance des frondeurs
Ces derniers militent pour un renouvellement des instances de la formation politique et une nouvelle répartition des responsabilités. Pour « désobéissance » à l’appel au boycott des scrutins, ils n’ont pas été autorisés à participer au conclave du Palais de la culture.
Certes, présider un parti politique ne mange pas de pain − surtout pour celui qu’on surnomme « boulanger » − et Laurent Gbagbo n’aurait guère l’intention de gérer le parti au quotidien. C’est ce qu’une série de propositions semblait suggérer, avant le message public de l’ancien chef d’État, ce vendredi 15 mai devant les congressistes, et la « fête de la Renaissance » organisée, ce samedi, dans le village ivoirien de Songon. Mais chassez le naturel, il revient au galop…
Jeune Afrique
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