Coronavirus : Musellement de la liberté de culte

La cathédrale de Lomé

Ouverture partielle voire partiale des lieux de culte, un zeste de soupçon de musellement de la liberté d’expression religieuse. C’est la leçon du communiqué du gouvernement autorisant les institutions religieuses à ouvrir légèrement». Mais on se demande si le régime ne profite pas du coronavirus pour régler des comptes aux institutions religieuses.

Le ministre en charge de l’administration territoriale et le Chef de la CNGR ont convenu avec les responsables religieux de cette ouverture partielle .

Grosso modo, il n’y aura pas d’ouverture totale. Aucune indication prévisionnelle non plus pour la réouverture totale.

L’Eglise catholique, le Conseil chrétien et l’Union musulmane obtiennent un permis d’ouvrir chacune cinq églises et mosquées dans chaque région administrative, et trois chacune par préfecture.

Cependant, Boukpessi Payadowa autorise la Fédération des associations et organisations chrétiennes à rouvrir 39 églises sur le territoire, à raison d’une par préfecture.

Au niveau de la Préfecture du Golfe spécifiquement, les entités citées pourraient ouvrir neuf lieux de culte chacune, contre sept pour chacune dans celle d’Agoè-Nyivé.

Le Gouvernement a en effet pris la décision le 20 mars dernier de fermer pour un mois tous les lieux de cultes, afin de contenir la propagation du covid-19. Il vient de proroger le 3 juillet dernier,  l’Etat d’urgence sanitaire de 45 jours.

Musellement de la liberté de culte

La pilule est quelque peu amère pour les organisations religieuses, surtout pour les églises chrétiennes qui vivent de la quête et autres contributions des fidèles. La reprise du fonctionnement des lieux de culte est donc vitale pour les institutions religieuses. Plusieurs pasteurs des églises d’obédience évangéliques supplient les dirigeants à une certaine clémence.

La décision du gouvernement ne semble pas si logique et défie d’ailleurs le bon sens. Certes, le maintien de l’Etat d’urgence sanitaire s’entend compte tenu de la propagation continue de la pandémie. Aussi, les responsables religieux comprennent moins que l’assouplissement de l’état d’urgence ne permette pas la reprise de toutes les activités, sous réserve de l’application des mesures barrières. Les marchés, les lieux publics sont ouverts, et les mesures barrières y sont très peu respectées.

Un responsable religieux a confié au Temps que la décision du gouvernement serait moins liée à d’autres raisons que sanitaires. Pour certains, la mesure pourrait être même contre-productive et entraîner une ruée incontrôlable vers les lieux ouverts.

Or, c’est effectivement le surnombre que voudraient éviter les autorités. Apparemment, l’Etat profite de l’état d’urgence pour museler les libertés de culte. Et, de but en blanc frapper au porte-monnaie les institutions religieuses critiques à l’égard du pouvoir. La puissante église catholique et les églises évangéliques presbytériennes, institutions capitales dans l’éducation et la formation, pourraient perdre d’importants revenus. Quant aux autres sectaires protestantes, entreprises unipersonnelles suspectes d’être proche du pouvoir UNIR, leurs pasteurs peuvent toujours s’en sortir.

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A propos Komi Dovlovi 981 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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