Elections générales au Ghana : Fortes tensions politiques autour de la présence militaire dans la Volta Region

Les opérations pour l’enregistrement sur les listes électorales dans le cadre des élections générales de décembre ont débuté au Ghana. Ça tombe bien : Nana Akufo-Addo a envoyé l’armée dans la Volta Region pour sécuriser les opérations. L’objectif : éviter le présumé enrôlement d’électeurs en provenance du Togo voisin.

La tension apparente dans la région de la Volta concernant le déploiement de certains militaires a déclenché une autre forme de conflit tribal dans la sphère politique. Les deux principaux partis politiques, le NPP au pouvoir et le NDC ont adopté des positions très fermes sur la question.
Et le sujet suscite surtout incompréhension et colère au sein de l’opinion, d’autant plus que deux députés du parti NPP au pouvoir ont fait des déclarations contradictoires sur les raisons de la forte présence militaire dans la Volta.
Selon K.T. Hammond, député-ministre d’Adansi-Asokwa et membre dirigeant du parti au pouvoir, l’afflux de militaires dans la région doit permettre de lutter contre la tendance au sur-voting et à la double inscription lors des prochains scrutins de décembre. Des controverses naissent toujours au Ghana sur la question du fichier électoral et du vote à l’Est. Le NPP accuse souvent le NDC de faire voter des Togolais
Le ministre de l’intérieur, Ambrose Dery , explique le déploiement de militaires dans la région par la volonté des pouvoirs publics de contrôler et maîtriser une « frontière poreuse »… en période du covid-19.
“Notre expérience au fil du temps est que la frontière orientale continue de nous donner une piste pour nous inquiéter parce que les gens continuent d’arriver”, a-t-il affirmé.
L’immigration aurait découvert plus de 250 itinéraires officieux. “La police et l’armée sont là pour protéger nos frontières. Si vous regardez nos voisins, ils n’ont pas les dossiers de tests que nous avons. Le Togo, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire n’ont pas de registres de dépistage. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour empêcher COVID-19”, a ajouré M. Dery.
Mais les brutalités des forces de l’armée ghanéenne envers certaines couches de la population alimentent la colère dans la communauté Ewé. Certains dirigeants de la Volta Region et les leaders du NDC, principal parti d’opposition, exigent le retour des troupes dans leurs casernes.
“La présence des troupes provoque la peur et la panique parmi les habitants quand elles se lancent dans des fouilles de maison en maison et brutalisent des motards à l’intérieur des villes. De plus, le harcèlement constant des citoyens occupant les zones frontalières a un effet néfaste sur l’acheminement des produits agricoles et autres vers les marchés”, a déclaré le Conseil traditionnel d’Aflao, une institution de développement à la base.
“Parce que nous aimons la paix, cela ne fait pas de nous des lâches ; quand le feu est allumé, il n’y aura pas de retour en arrière et ledit feu consumera tout sur son passage”, a averti le conseil et son président Torgbui Amenya Fiti V.
L’ex président J.J Rawlings a rappelé les autorités politiques à leur sens de la justice et de l’équite. Ils les invite à faire cesser les exactions militaires contre les populations.

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