Le gouvernement fixe les nouveaux tarifs du prix de vente de l’eau potable

Sani Yaya, ministre de l'Economie et des Finances

Le ministère de l’économie vient de rendre public un arrêté fixant les nouveaux tarifs de vente de l’eau au Togo, où l’on constate une forte augmentation des prix dès que la consommation dépasse 10m3.

La nouvelle politique de vente de l’eau est modifiée totalement. Si la tranche sociale reste comprise entre 0 et 10m3, et son prix de vente à l’unité à 190F, elle disparaît totalement de la comptabilité dès que la consommation dépasse ce seuil.  Ainsi, la tranche comprise entre 10 et 30 m3 est multipliée par 380 CFA, et celle à partir de 31m3 est multipliée par 500 CFA.

Quant aux borne-fontaines publiques, le tarif est fixé à 265 CFA le m3.

Nouvelle tarification pour l’Administration et les sociétés commerciales

Le ministère de l’économie et des finances a  également de nouveaux tarifs pour l’Administration et les sociétés commerciales et les industries minières.

Les services relevant de l’Administration et les sociétés privées payeront désormais l’eau à un tarif unique de 500 F le m3.

Mais les sociétés commerciales produisant de «l’eau potable » conditionnée  de forage payeront une redevance de 100 F par mètre-cube  d’eau prélevé. Il en est de même des sociétés minières qui utilisent l’eau prélevée des nappes phréatiques pour leurs besoins.

Cet arrêté pris le 9 août a été pris conjointement par les ministres de l’économie et des finances, le ministère de l’Agriculture, de la Production Animale et Halieutique, et le ministre du Commerce, sur proposition de la Direction générale de la Togolaise des Eaux (TdE). Cependant, il vient valider à posteriori  un dispositif pratiqué dès ce mois d’août par la TdE. Une nouvelle tarification qui fait connaître l’envolée des factures d’eau, passant du simple au double voire au triple selon les familles.

Racket social

La TdE a fait une communication promotionnelle faisant passer le nouveau dispositif comme devant faciliter l’accès à l’eau potable pour les pauvres et destinée à taxer les plus riches et les sociétés commerciales et minières. Une communication qui se révèle être plutôt un racket des populations.

En effet, les services relevant de l’Administration et les sociétés privées utilisent très peu d’eau. Le tarif unique à eux appliqué aura un impact mineur sur leurs factures. Et l’Administration restant fortement débitrice à l’égard de la TdE et de la CEET, les nouvelles offres restent pour le moins curieuses. Et les riches soi-disant taxés utilisent de plus en plus les forages pour arroser leurs jardins, une façon d’échapper aux nouveaux tarifs.

Reste que l’arrêté portant prix de vente de l’eau intervient tout de même dans un contexte d’augmentation tous azimuts des prix des nombreux services publics dont l’énergie. La facture d’électricité est augmentée de 560 FCFA par mois, soi-disant pour la taxe d’éclairage public, pour une ville très peu éclairée. A quelques mois de la présidentielle 2020, l’augmentation des prix des services publics peu paraître incompréhensible.

Bien que le taux national de pauvreté ait reculé de 61,7 % en 2006 à 55,1 % en 2015, la pauvreté reste très élevée et devrait se situer à 47,4 % en 2017, selon les statisques officielles. Le Togo reste tout de même marqué par la paupérisation crasse des populations tant des zone urbaines que rurales.

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A propos Komi Dovlovi 845 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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