Acte II pour « Le retour du Général Eyadéma – Frappez-lui Denyigban » !

Seconde partie de la fiction de l’auteur togolais Cyr Adomayakpor Alban de la Meunière: «Sachez que si fou vous me prîtes, cette folie ne pût être de base commune, mais si fou aliéné vous me prîtes, ce me semble Honneur fait à ma résidence de fou pensant».

Il y a quelque temps de cela, fit sensation « le voyage » que j’effectuai dans l’au-delà où,  je fus reçu  par le Général EYADEMA qui m’accorda une audience dans sa résidence céleste, en présence du père de l’indépendance Sylvanus OLYMPIO, du Président GRUNITZKY, suivie d’un mémorable banquet auquel assistaient DIEU et quelques un de nos Chers disparus, dont mon père Alfred ADOMAYAKPOR, Albert et Alex NASR, Yaya MALOU, Antoine BODJONA, les frères du Général : Koromsa et Kabissa, et bien d’autres encore.  Il me fit l’honneur et la surprise d’y convier d’illustres Grands Hommes qui ont marqué l’Histoire de l’aventure humaine depuis des Millénaires, aussi bien sur les plans :  Politique, Sociale, Philosophique, Littéraire, Scientifique, qu’Artistique.  Tous ces artisans de « l’Essentiel-utile », égayaient par le prestige de leur renommée et l’éclat de leurs intelligences élues, -qui leur ont survécu-, un banquet dont le souvenir impérissable loge sous les voûtes intimes et solennelles de mon être, à jamais marqué devant l’Eternel.  J’en repartis avec l’idée que le Général était désormais devenu l’Homme des exploits « au-delà-iques ».

En effet, au moment de mon retour dans le Monde des vivants, le Général me chargea solennellement de transmettre un certain nombre de messages, au Peuple Togolais (…), à son fils le Président de la République (…), à Pascal Bodjona et enfin, à l’armée en ces termes :  « (…) J’ai moi-même été un militaire n’est ce pas ?  Dites leur que je sais maintenant que l’armée ne doit pas se mêler de Politique, et que l’armée la plus puissante au Monde peut tuer, arrêter autant de personnes qu’elle voudra, mais aucune armée quelle qu’elle soit, ne peut combattre les âmes invisibles d’un Peuple affamé et révolté (….)».

Ces messages, je les avais transmis dans leur entièreté, à ciel ouvert, c’est-à-dire par voie de presse à leurs destinataires respectifs.  En ont-ils, tous pris connaissance, et en faire sujet de méditation, ou ai-je été pris pour un fou ?  Je l’ignore.  Mais au demeurant, si fou dussent-ils me prendre, il eût été fort honorable de leur part que cette folie fût considérée comme n’étant pas de base commune, mais relevant de ma résidence de fou-pensant.

Il me revient donc aujourd’hui par bienséance, de m’en retourner lui faire un compte-rendu complet de la situation de notre Pays depuis mon retour.  Qu’il s’agisse de la situation économique et sociale, du moral en lambeaux d’une partie considérable de la population qui flotte entre l’impatience d’un meilleur avenir et la crainte de l’effondrement de leurs espérances.  Bref, des questions essentielles qui touchent à l’intégrité même de leurs existences et des valeurs qui fondent notre République.

Les signes avant-coureurs

Rentré tardivement d’un dîner où, entre autres ressauts, je faisais état de mon dessein, à un cercle concentrique d’amis, de rendre de nouveau, visite au Général EYADEMA à sa résidence céleste,  – dîner pour le moins, copieusement arrosé de politique, et accessoirement de quelques gerbes de la plaisanterie de base commune, qui point ne blessèrent le goût, mais provoquèrent des fous rires  à se  décrocher la mâchoire -, j’emplis mon fumoir de ma personne, bien enfoncé dans mon fauteuil, cigare à la main, cherchant des yeux des allumettes que d’ailleurs, je ne trouvais pas. Après tout, concluais-je, évasif :  « quelques bouffées en moins, de ce vice ne peuvent être qu’un gain de temps certes,   minime, mais non négligeable sur une vie à priori déjà condamnée ».

Je fermai donc mes yeux, dont les écrans intérieurs faisaient dérouler les images chronologiques de la soirée en repensant aux fous rires et à mes amis restés dubitatifs face à mon projet.  Je ressentis subitement et simultanément, alentours, une étrange sensation d’une présence autre que la mienne, et fus rattrapé par une vive préoccupation, presqu’obsessionnelle  des conditions dans lesquelles je dusse entreprendre le voyage, ignorant si ce serait comme la première fois, et à quel moment se produirait le « processus » du départ, c’est-à-dire cette dislocation de mon corps, d’où s’éjectera un autre moi, propulsé avec une fulgurance inouïe dans une sorte de « tunnel » de lumière, au bout duquel je découvrirais, comme ce fut le cas, un espace d’une immensité infinie.

La sensation de plus en plus forte de cette présence, qui était accompagnée de frissons et de sueurs froides me clouait littéralement sur place.  Provoquant des phénomènes de raideur musculaire.  D’abord, la nuque ; puis ils se répandirent aux muscles oculaires, et bientôt la tête.  Toute ma tête au fur et à mesure devenait sur mon cou qui le supporte, d’un poids donnant l’impression qu’elle allait s’enfoncer avec tout le cou, écrasant au passage mes épaules pour finir s’engloutir dans mon thorax, avec des dégastations si considérables que j’en eusse été tout entier réduit en poussière.  Parce qu’il me fallait à tout prix  repousser l’inéluctable, je tentai vainement de tendre mon bras pour me saisir du téléphone posé sur la table basse installée à quelques centimètres du fauteuil dans lequel j’étais comme englué, qui cristallisait des signaux itératifs, pour servir peut-être de lieu d’exécution du sort que cette étrange présence venue de l’Empire des ténèbres peuplées d’ombres dispersées dans la nuit des temps infinis, m’aurait prescrit ?  Cet insaisissable téléphone, objet d’une hypothétique délivrance, que j’ai maudit mille fois comme s’il pouvait se déplacer jusqu’à moi, était devenu mon seul espoir d’échapper à une imminente dislocation, à huis clos de mon assemblage osseux.  J’étais parfaitement conscient.  En effet, plus conscient que jamais de la panique qui commençait à m’envahir. À pendre possession définitive de mon corps presque déjà voué à je ne sais quelle fin tragique.  Tout à coup, j’entendis retentir un coup de détonation sous un déluge de pluie.  C’était un coup de tonnerre si puissant que les murs de ce qu’il était convenu de considérer comme mon enclos funèbre, paraissaient trembler sous l’onde de choc, de ce de tonnerre, dont la force phénoménale dût déchirer le ciel de ses éclairs.  Exilé dans ma peur, retenu prisonnier dans ma paralysie, j’étais comme l’objet d’une condamnation de forces indomptables.  La présence m’observe, elle m’épie sans doute.  Elle m’obsède.  Qu’eussé-je pu faire ?  J’invoquais mes Chers disparus dont les âmes eussent pu permettre que le combat fût équitable !  Mille scénarios analogues se bousculaient dans ma tête compressée, prête à imploser.  Prédomine, l’idée d’un déluge mêlant la rage des vagues au milieu de la colère ravageuse des océans démontés, dont les lits des abysses se soulèvent en pliant comme du papier, les plaques océaniques qui s’entrechoquent et se brisent comme des verres, disloquant ainsi les Continents, et réduisant à néant toutes formes de vies dans le Monde terrestre.

Tout d’un coup, résonne dans la pièce l’écho d’une voix.  Je voudrais hurler, crier au secours ; je me rendis compte que je ne pus émettre aucun son !  À peine revins-je de cet ultime insuccès, que la voix RETENTIT de nouveau dans toute sa plénitude, brisant au passage, de son écho puissant, les vitres d’une pièce plongée dans un noir profond, constellée de frissons et d’ondes indomptables.  « Alors, comment ça va mon Cher ami, depuis notre banquet ?  L’idée de ton voyage n’était pas d’actualité ; tu serais arrivé, jusqu’à nous, n’est-ce pas ?  Mais ton retour dans la vie terrestre n’aurait pas été possible, parce que l’alignement des Astres et la convergence des phénomènes mystiques, qui l’auraient n’est-ce pas, permis ne sont pas envisageables en ce moment.  En tout état de cause, il était prévu que je vienne moi-même pour mettre un coup d’arrêt au désordre.  Comme tu peux le voir, Cher ami n’est-ce pas ?  Une fois encore, le destin m’a forcé la main »

Le CHOC

Anéanti et toujours prisonnier de ma paralysie, j’aperçus indistinctement, les contours d’une forme humaine apparaître, sortie d’un tourbillon de lumière aux éclats étincelants, se rapprochant progressivement de moi, j’en reconnus le visage !  C’était le Général en personne !  Il se pencha sur moi, m’aspergea d’eau bénite et me souffla dans mes yeux exorbités aux paupières battantes.  Instantanément, comme pris sous la force d’un tourbillon de courant d’air glacial, je me relevai aussi vite que ma stupeur s’en fut estompée.  Une sensation de sérénité et de plénitude m’inonda et s’empara de tout mon être, me conférant une nouvelle dimension.  Se tenant debout dans son uniforme de Général quatre étoiles, il me fit signe de me rasseoir, et fit de même en croisant ses jambes à la bougeotte incessante.  Alors, commence une conversation, je dirai plutôt un interrogatoire, même si le Général savait déjà tout jusque dans les moindres détails les plus subtils et les plus croustillants (….). Les histoires de qui couche avec qui, semblaient réveiller en lui quelques instincts passés, qu’apparemment, la lignée des princes et consort paraissent avoir reçu dotation naturelle, quels qu’en fussent les attributs biologiques, dans la quête et la requête d’appétits féroces.

Le GENERAL :  « Comment va Madame ?  MOI :  « Elles vont bien mon Général ».  Le GENERAL :  « Tu en as combien ? »  MOI :  « une huitaine, guère plus ! ».  Le GENERAL :  « Mais dis-moi, Elles sont toutes ici ? »  MOI :  « Non mon Général, j’en ai un peu partout, en France, en Espagne, en Italie, deux, trois ici, quand j’y suis !».  Le GENERAL :  « Elles ne te résistent pas j’espère ? »  MOI :  « Je ne saisis pas bien le sens de votre question mon Général ».  Le GENERAL :  « Mais vous les gens du Sud, vous ne faites pas la lutte n’est-ce pas ? »  MOI :  « j’ignore si certains en font, mon Général, mais moi, pas ! » le GENERAL :  « C’est dommage !  Si tu désires tes femmes, et qu’elles te résistent, Comment ferais-tu pour les terrasser ?  ».  Après des moments d’effroi, mes muscles faciaux se relâchèrent dans un rire tonitruant.  Je compris que le Général voulut ainsi détendre l’atmosphère avant d’en arriver à Jupiter, c’est-à-dire aux choses sérieuses.  Le GENERAL :  « Dis-moi un peu, Cher ami, et cette minorité, qui en est le Chef ? MOI :  « Je n’en sais guère trop rien moi-même, et puis c’est une question dangereuse que vous me posez, là, mon Général, car la réponse qu’elle implique pourrait me valoir au mieux l’ergastule, au pire quelque effet attentatoire à mon intégrité physique ! ».  Le GENERAL :  « J’en ai une certaine idée, n’est-ce pas ? Ils vont vite comprendre que la récréation est terminée.  Une fois encore, n’est-ce pas, je dois passer à l’action pour mettre un terme à l’injustice, aux abus et à l’ingratitude.  Je sais, mon Cher ami tout ce qui s’est passé pendant que le Seigneur m’a rappelé à lui.  Quand le chat n’est pas là, les souris dansent n’est-ce-pas !  Certains sont allés jusqu’à renier mon héritage politique !  Ce qui est plus grave, c’est que cela ne vient pas de mes adversaires, mais de mes propres amis n’est-ce pas ?  Quand on s’empare du Pouvoir exercé par le Chef de famille, on assume tout ; aussi bien les bons que les mauvais cotés n’est-ce pas ?  C’est une question de PRINCIPE !  est FAURE ?- MOI :  « Mais mon général, j’ignore si votre fils est actuellement à Lomé, il voyage beaucoup, en plus, il prépare paraît-il, en ce moment une conférence internationale sur la sécurité maritime…»- Il me coupe sèchement la parole :  « C’est quoi ces histoires ?  MOI :  « mon général, d’après ce que j’en ai lu dans la presse, il semblerait que c’est une idée du Ministre des affaires étrangères ».  Le GENERAL :  « Dis-moi un peu, il ressemble à quoi ce ministre des affaires étrangères ? »  MOI :  « je ne le connais pas mon Général, mais il y a sa photo dans le journal que voici ».  Il prend le journal, l’ouvre, y jette un coup d’œil, puis le pose, et dit :  « Mais ce jeune homme est trop maigre pour être aux affaires étrangères !  Il aurait fallu n’est-ce pas, un GROS pour impressionner ses interlocuteurs.  Et sur mon Peuple, pourquoi ne font-ils pas une conférence nationale sur les problèmes de la Santé, l’éducation, la justice, l’insécurité et sur la délinquance économique ?»  –MOI :  Mon Général, c’est parce qu’il paraît qu’il y a des voyous qui sévissent en Mer !  Et puis, cela pourrait être à la fois bon pour l’image du Pays, donner du travail pour le secteur hôtelier et booster la consommation ; même si accessoirement certains parmi la minorité n’eussent pas été mécontents que la sécurité de leurs navires chargés de pétrole fussent ainsi assurée !»  –  Le GENERAL :  « C’est ça !  ».  répondit-il, l’air pensif et rageur, puis, se fut assoupi.  Revint à lui,  observant un moment de silence pendant lequel, il se passait la main sur ses cheveux coupés courts aux reflets ondulés ;  exécutait des mouvements de haut vers le bas avec sa tête qu’il  basculait tantôt à  gauche, tantôt à droite, en tapotant sur les accotoirs du fauteuil ; levant de temps à autre le poignet gauche pour y jeter quelques coups d’œil furtifs à sa montre dont il s’en fut secrètement convaincu que j’en appréciai la sertissure, puis, reprend la discussion exactement où elle avait été interrompue, et me fit extraire de mon état dubitatif par un tonitruant : « De toutes les façons, j’ai demandé qu’on aille me le chercher, qu’il soit en Italie ou n’importe où, il sera ici d’un instant à l’autre ».  À peine eut-il terminé sa phrase qu’apparut son fils FAURE, ramené par une escouade de créatures humaines translucides qui exhalaient l’odeur d’encens brulé, et au travers desquelles on pouvait distinguer l’intérieur de leurs estomacs remplis de corps humains déchiquetés, puis engloutis, évoluant dans un bain d’acides associés dans une digestion congestionnée. Créatures aux allures mystiques et apocalyptiques qui défiaient toute résistance, et qui disparurent aussi vite qu’ils apparurent dans leurs missions accomplies.

                              Dialogue avec son fils Faure

Il était blême, hagard, transpirait, tremblait de tous ses nerfs, tétanisé, désorienté et errant dans le vide de sa stupeur au point qu’il ne pût réagir aux signes redoutables de notre « univers » meublé par la présence emblématique de son père qui le dévisage intégralement de haut en bas d’un regard furibard qui trahissait un sentiment anagogique, qui relève des tendances d’ordre éthique et un finalisme d’une haute valeur morale ou sociale. Aussi incroyable et indubitable que cela m’apparut, il n’eût jamais imaginé que son fils s’en fut ainsi entrainé dans le sillage d’influences nocives à ses prédispositions dont lui-même était pourtant le premier propagateur convaincu.  Car, de quelque côté que son constat s’envisage, il y voyait sans doute avec regret et le cœur déchiré, l’incarnation de ce qui dût être l’apothéose de la réalisation et de l’accomplissement posthume de ses propres manquements face à l’Histoire. Un silence assourdissant envahi la pièce. Cette pièce à l’atmosphère givrée et ankylosée par une lourdeur glaciale des ténèbres.  Je me lève pour les laisser seul dans un tête-à-tête, que peut-être ma présence eût effet d’empêcher.  D’un ton martial j’entends :  « Qui t’a ordonné de partir ?».  « Mon Général, j’ai simplement voulu vous laisser vous s’expliquer…. en famille, Vous avez tant de choses à vous dire (…) ! », répondis-je.  -Le GENERAL :  « Il ne s’agit pas ici d’une affaire de famille, mais d’État ! ».  MOI :  « Pardonnez-moi mon Général, mais les deux sont liées !  C’était vous-même qui paraît-il, aviez souhaité que votre fils vous succédât ! Ce qui s’apparente à une succession dynastique dans une République !  » « Tu racontes des histoires ! Je n’ai rien dit ni écrit formellement qui puisse laisser croire cela !  Et puis après tout, qu’est-ce que tu en sais ?  ».  L’eau allant s’infiltrer dans le gaz, je me la boucle !  Le père, Voyant le fils en état de liquéfaction intégrale, me dit :  « Adomayakpor, va lui chercher quelque chose à boire ».  Je reviens quelques instants plus tard avec le seul spiritueux à disposition.  De la Vodka givrée ; si givrée qu’elle en était d’une onctuosité épaisse.  J’ignorais si cela pût correspondre au goût de mes prestigieux et inattendus visiteurs, mais je n’avais guère mieux.  À ma grande surprise, il m’arracha des mains le verre que je lui tendais ; en avala d’un trait le contenu et sembla en redemander du regard.

-Le GENERAL :  « ça SUFFIT la Vodka !- dis-moi un peu, qui gouverne ce Pays ?  »- FAURE :  « C’est moi papa »- Le GENERAL :  « Alors !  Où étais-tu pendant qu’un État-voyou, dirigé par ce que tu as appelé la minorité, se constituait dans l’ETAT ?  De mon temps, il y avait un Chef.  Un seul et INCONTESTABLE, et c’était MOI !  Il est vrai que des gens prenaient parfois beaucoup, mais pas de façon aussi démesurée qu’il en est question aujourd’hui, n’est-ce pas ?  Il est aussi vrai et incontestable que j’en ai pris plus que de raison, mais j’en redistribuais aussi beaucoup, et Dieu sait si je vous en ai laissé une quantité CONSIDERABLE !  D’ailleurs, à ce propos, où en êtes-vous dans son partage ? Et puis, tu crois que tu pourrais régner 38 ans à ton tour si tu ne contrôles pas tes hommes ?  Mais ils vont te déborder !  Tu fais quoi au juste, dis-moi un peu »   FAURE reprit ses esprits et répond :  «D’abord, Papa comment est-il possible que tu sois revenu ?  C’est vraiment toi que je vois là ?  Ou s’agit-il d’une farce ?  ».  Faure me foudroya d’un de ses regards empreints de colère froide.  Le GENERAL :  « On dirait que tu n’es pas content de me voir ?  Répond aux questions que je t’ai posées !».  FAURE :  « Régner 38 ans !  Papa, de nos jours ce n’est plus possible ; j’ai essayé de faire de mon mieux.  D’abord, par une intense activité diplomatique, j’ai fait revenir les bailleurs de fonds, ce qui m’a permis de faire des routes, et de mettre en place des programmes de lutte contre la précarité, j’ai crée à cet effet un ministère du Développement à la base, j’ai ouvert des relations diplomatiques tous azimuts ; le Togo va bientôt être accepté dans le programme du Challenge Millénium. Pour la première fois, dans l’Histoire du Togo, notre Pays compte des centaines de Milliardaires ; j’ai donné la liberté de presse, J’ai été réélu pour un 3ème Mandat que j’ai placé sur le sceau du Social, Je ferais bien volontiers un 4ème Mandat, mais ça risque d’être politiquement, diplomatiquement et moralement très très compliqué à faire passer la pilule, sans oublier que nous aurions totalisé toi, moi et le système 53 ANS au POUVOIR ! J’ai crée l’OTR, pour maximiser les rentrées fiscales, une idée géniale en soi, hélas, sabotée par l’ineptocratie qui en a fait une pompe à fric qui jette sur le carreau des milliers d’hommes et femmes et tue l’initiative ; une commission anticorruption, j’ai fidélisé une armée qui me soutient et la situation économique se porte mieux…Bref, papa mon bilan est globalement positif !  Le GENERAL :  « Tu racontes des histoires !  La situation économique se porte mieux parce qu’il y a des Milliardaires ?  Et si comme tu le dis si bien, la situation économique se porte mieux, comment se fait-il qu’il y ait tant de misère, les Hôpitaux dans un état honteux et déplorable, le prix des denrées alimentaires inabordables ?  Tes Milliardaires ce sont des « volliardaires » !  D’ailleurs à combien est le bol de maïs ?  » –FAURE :  « Euuuh, je peux appeler ma directrice de cabinet ?  Le GENERAL :  « C’est à toi que je pose la question !»  FAURE :  « mais enfin papa, au bout de 38 ans de ton règne, j’ai ramassé le Pays à la petite cuillère, dans un état exsangue, de délitement économique et au piquet diplomatique !  Papa, souviens-toi des blocages des aides au développement, le Togo était mis au banc des Nations !  Et que dire des problèmes d’eau, d’électricité, du retard dans le payement des salaires des fonctionnaires, des infrastructures, des routes défoncées !  Papa tu exagères, regarde les routes que j’ai faites, regarde la Capitale, elle n’est certes, pas PARIS, ou ROME, mais c’est tout de même mieux qu’avant !  Et puis le problème des Hôpitaux je ne les ai pas inventés !  Papa sincèrement, si nous avions eu à l’époque après 38 ans que tu as passé au pouvoir, des Hôpitaux dignes de ce nom, avec l’essentiel du matériel et des spécialistes de haut niveau, bien payés, peut-être aurions-nous pu éviter, ou en tout cas tenter de te sauver avec une certaine fierté nationale !  ».  -LE GENERAL :  « RIEN NI PERSONNE NE PEUT CHANGER LES PLANS DE DIEU (….) » FAURE :  « Ce n’est pas une raison pour l’inaction papa ! ».  Le GENERAL :  Et puis après tout, cela fera bientôt 12 ans que je t’ai laissé la place !  Pourquoi n’as-tu pas toi, construit de grands Hôpitaux modernes avec tout le matériel haut de gamme avec de grands spécialistes bien payés !  Cela t’éviterait n’est-ce pas, d’aller te faire soigner à chaque fois à l’Étranger pendant que ton peuple lui s’en va crever à l’Hôpital de Tokoin ?  ».FAURE :« Papa tu faisais pareil !  ». Le GENERAL :  « Bon !  Maintenant ça suffit, tu te tais et tu m’attends ici jusqu’à ce que je revienne.  On poursuivra notre discussion plus tard, j’ai des choses à régler.  ».  Le Général se leva et me demanda de le suivre.  Je n’osais lui demander où voulait-il aller, et ce qu’il comptait faire, et si je devais prendre ma voiture ; je le suivis.  Arrivés devant le portail, je lui dis :  « Mon Général, votre fils va tout de même pas rester tout seul à nous attendre ?  Peut-être est-il attendu à son cabinet ?  » Le GENERAL :  « il s’est endormi et dormira jusqu’à notre retour.  De toutes les façons, pendant le temps qu’il me reste pour régler les affaires, j’incarne l’État !».  MOI :  « mais mon Général, c’est un Coup d’État ! ».  Le GENERAL :  « Non ce n’est pas un Coup d’État, mais un Coup d’Éclat ».  Il mima un cercle de ses pieds, et me demanda de me mettre derrière lui à l’intérieur du cercle imaginaire ; ce que je m’empressai de faire.  Nous disparûmes pour réapparaître instantanément à la Présidence de la République.  Celle où il y a le dôme.  Il lève sa tête, regarde l’ouvrage et dit :  « c’est quoi ça ?».

Nous étions l’AIR.  Du vent en mouvement. Évidemment Personne ne pouvait ni nous voir, ni nous toucher.  Sauf, si et quand le Général lui-même en décidait autrement.  Sa vue, de jour comme de nuit n’avait pas de limite.  Aucun son, aucun bruit le plus infime fût-il, ne pouvait échapper à sa puissance auditive.  Il pouvait entendre, comprendre et distinguer entre des milliards de conversations d’où qu’elles puissent provenir et quelles qu’en fussent les langues.  Nous voilà sous la « Coupole », comme il surnomma la Présidence, à cause du dôme.

La fuite des barons

On n’ouvrait pas les portes, on passait à travers pour APPARAITRE !  Le Général avait une idée très précise de sa mission qui était apparemment de faire cesser le bordel comme il disait, et de « dératiser » tous les trous à rats, existants dans les galeries souterraines administratives, économiques et militaires du Pays.  Nous fîmes une apparition inorganique dans un bureau où, devait se tenir une réunion de la crème des crèmes.  Celle des pontes et des fontes de la République.  Les « Supers » décideurs.  Les « Grands » cerveaux. Les Magnats du pétrole, de la haute finance et des Mines « officieuses ».  Il y avait là, des tire-sous de la pire espèce.  Il y avait des barons.  Le baron de la Mousse de Vity, le baron de la Daube, le baron de la Sole, tous plus souverains que jamais, parés de leurs contenances hautaines et méprisantes, et dont les illustres visages étaient traversés, démangés et dénaturés par des contractions convulsives incessantes, sans doute prémonitoires ; le Petit Cardinal, le Grand argentier, la Marquise de la Tour, des Duchesses, des Gradés, de très haut-Gradés, Grands stratèges Militaires dignes des épopées Napoléoniennes, des Directeurs généraux dont certains sont rentiers devant l’éternel, fossoyeurs incomparables d’une certaine idée des principes et de l’éthique, tous, visiblement attendaient que le Prince fût arrivé pour commencer ce qui dût être une réunion d’une importance stratégique. Des Grands Seigneurs d’un monde particulier, qui échappe aux limites de l’imagination de la base commune.  A eux seuls réunis, c’est une masse de Pouvoir d’achat Considérable.  Le Général les observe, les voit, en reconnait quelques uns, puis quand il l’eut décidé, sorti de sa condition inorganique d’invisible et APPARAIT au grand jour devant toutes ces éminences grises et noires, affublées de leurs accoutrements divers et variés.  Des cris, des hurlements, des syncopes, certains cherchant à se défenestrer.  Le Baron de la Mousse de Vity, dans la précipitation de sa fuite perdit ses grosses lunettes, tomba puis, se releva pour enjamber une table, et se prit en pleine poire, l’illustre visage émacié du Baron de la sole, et se retrouva de nouveau à terre les quatre fers en l’air, tandis que le baron de sole nous donna le triste spectacle d’un magnifique saut dans le vide.  Les généraux sensés être des gens courageux qui dussent défendre le Pays en cas de conflits, étaient au sol, à plat ventre. Un d’entre eux, le plus zélé, dégaina son revolver, tira sur le Général, au lieu d’une balle, ce fut de l’eau qui sorti du révolver.  D’un regard, le Général le réduisit en sable. Pris de folie certains s’arrachaient leurs dents acérées pour se couper les veines.  D’autres, planqués derrière, ou dans des placards, sous des tables, écrasant de leurs corps gras, Duchesses et marquises affolées dont quelques exemplaires, s’arrachaient cheveux et tissages, robes et dessous chics, sous le regard coquin du Général, abrité derrière ses emblématiques lunettes noires. Il jeta un coup d’œil à sa montre, puis désigne d’un « Hey toi là » un haut gradé, et lui intime l’ordre de rassembler tout ce beau monde pour une séance de confrontation comme il les aimait. Il fit ramener par ses escouades, son fils resté invisible aux yeux des félons.  On avait expulsé valets et sous-fifres, gardant pour la succulence, la crème des crèmes des barons et des faquins.  De ressaut en ressaut, la discussion tourna très vite à l’aigre.  Deux heures de récriminations, d’engueulades entrecroisées, de délations et de quelques révélations intimes (…).  Les uns rejetant les fautes sur les autres, désignant tous à l’unisson, dans son dos, un seul et même responsable.  Mais, tous responsables qu’ils sont, ils n’étaient en rien coupables de quoi que ce puisse être !  Lâchetés et ingratitudes s’entrecouchiaient dans une atmosphère aux éclats orgiaques, donnant ainsi jour à une race insolite d’hommes abâtardis dans une indignité impeccable.  Le Général mit fin à cette apothéose de la lâcheté, et ordonna que le gratin soit mis au frais à la prison civile de Tsévié.  La nouvelle du retour du Général eut vite fait de se répandre comme une trainée de poudre dans toute la bâtisse, et à travers tout le Pays.  Le grand marché d’assigamé se vida en quelques minutes de ses veines et artères.  Les gens courraient, allaient se refugier dans les églises.  Certains fuyaient le Pays par toutes les voies et moyens, en se jetant dans la Mer pour tenter de rejoindre quelque rivage imaginaire, d’autres s’immolaient, d’autres encore regagnaient la tête dans le cou les frontières abandonnées des douaniers et des forces de l’ordre, évaporées dans la nature ou encastrées dans le moindre trou à rats.  Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, succèdent à ces scènes indescriptibles de panique générale, un moment d’accalmie, de sérénité, où des fêtes s’organisaient dans une symphonie des cris de :  « Vive le Général, Vive Eyadema ! ». On lui « FRAPPAIT DENYIGBAN ».

Le décret

À 2O h, la  TVT, par la voix de son Directeur-éditorialiste, annonce aux Togolaises et aux Togolais que le Général Eyadema, envoyé spécial de Dieu, qui copréside avec le Père de l’indépendance, Sylvanus Olympio, le Président Grunitzky et Kléber Dadjo, le CSRR, c’est-à-dire le COMITE DE SURVEILLANCE DE LA REPUBLIQUE REINITIALISEE, dont le Siège est situé au No 1 de l’ Avenue du Seigneur, dans l’au-delà, et qui est actuellement en Mission de redressement Morale, va s’adresser au Peuple. Il apparut rajeuni et resplendissant dans son uniforme de Général, les cheveux plus noirs, plus ondulés que jamais !  Il commença son allocution par un retentissant :

Togolaises, Togolais.  Un coup isolé, n’arrête jamais le combat.  Depuis mon rappel à Dieu, à qui j’ai confessé mes péchés, mes regrets et mes remords, et qui a su me pardonner, je n’ai jamais cessé de penser à vous, de prier pour mon Peuple et pour le Togo. Nous avons souffert, et Dieu nous en est témoin, des malheureux évènements survenus en 2005 après ma disparition. C’est pourquoi, avec mes illustres prédécesseurs, le Père de l’indépendance Sylvanus OLYMPIO, le Président Grunitsky et le Président Albert Dadjo, avec l’accord et l’assentiment de notre Créateur à tous, Dieu, nous avons jugé nécessaire de créer un Comité de Surveillance de la République Réinitialisée pour aider votre Pays le Togo sur la voie des Réformes indispensables qui s’imposent pour sa Grandeur, dans la Paix et dans la sécurité, dans un souci de réconciliation Nationale. Togolaises, Togolais, je sais les souffrances qui sont les vôtres, et qui vous obstruent les portes d’un avenir meilleur.  J’ai une idée précise sur ce qui vous ronge et vous étrangle.  J’ai aussi une idée bien arrêtée sur ces abus qui représentent le « plus Grand Commun Diviseur » de votre Pays.  C’est pourquoi je suis là aujourd’hui parmi vous mes Chers compatriotes, pour vous présenter mes excuses personnelles pour les actes répréhensibles et les erreurs que j’ai pu commettre en d’autres temps ; vous faire part de mes regrets les plus attristés à propos des terribles évènements de 2OO5, et en ma qualité d’ancien lutteur, pour Terrasser le Mal.

« En vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés par le CSRR, sous l’autorité Suprême de notre Créateur Dieu le Père tout puissant, je décrète ce qui suit :  la suspension de la Constitution actuelle, et le rétablissement de celle de 1992.

La mise en place d’un Sénat dans le cadre d’une réorganisation des pouvoirs, dans un élan démocratique de proximité.  Je veux parler de la décentralisation.  Une exigence des populations qui de fait, seront mieux associées aux décisions qui touchent directement leurs quotidiens.  C’est un Impératif Économique, Social et Démocratique. Un Impératif contemporain pour votre développement. C’est pourquoi, je décrète que seront organisées les élections locales dans les plus brefs délais, dans des conditions électorales claires, transparentes et irréprochables.  À cette fin, le ficher électoral doit être complètement revu,   nettoyé et dépouillé de fond en comble de ses« Ombres-Votant ».-

Parce que l’impériosité d’une armée Républicaine, qui doit être exclusivement au service de la sécurité et de la protection de la Nation, s’impose ; je décrète que désormais, à compter de ce jour, le cordon ombilical qui lie l’armée au système politique, est coupé.  Toute intrusion ou interférence de l’armée, par quelque manière que ce soit, dans les affaires politiques et économiques du Pays est donc considérée comme illégale et passible d’une peine d’emprisonnement de 20 ans de prison pour ses auteurs.

Face à cette monstruosité qu’est la corruption, alors qu’une partie considérable de nos compatriotes vit dans des conditions misérables, des mesures drastiques et radicales doivent être prises. Je décrète par conséquent, la confiscation immédiate et totale des biens de tous ceux qui sans exception, se sont rendus coupables d’un tel délit désormais considéré comme CRIMINEL, et PASSIBLE d’une peine d’emprisonnement de 20 ans de prison.  Un projet de loi sera déposé à cette fin, prévoyant ainsi la création d’un Office National Indépendant des Biens mal acquis, doté des moyens financiers et juridiques, chargé de traquer aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger, les actions, obligations,  comptes bancaires et biens immobiliers. D’ores et déjà une requête en ce sens sera adressée, avec une liste de noms à tous les services adéquats des Pays étrangers.  Ce travail sera fait en étroite collaboration avec tous les organismes internationaux de lutte contre les biens mal acquis.  Pour éviter qu’il soit l’objet de pressions politiques, la nomination de son Directeur doit échapper à l’exécutif, et sera le choix consensuel d’un collège de juges, d’avocats, des membres de la société civile, dont les noms seront tirés au sort par des ONG, sous le control d’un huissier de justice également tiré au sort.

Sur le plan judiciaire, je décrète la Libération immédiate de tous les prisonniers à caractère politique, et des prisonniers de droit commun qui ne sont pas sur le coup des délits suivants :  viol, meurtre, trafic de stupéfiants, et qui sont à trois mois de la fin de leurs peines.  Une réforme judiciaire consacrant son indépendance totale, face au pouvoir politique, sera immédiatement mise sur les rails, les procureurs ne seront plus nommés, mais élus par le Peuple.

Sur le plan Social, le prix du bol de maïs sera définitivement garanti par l’État, et ne devra pas dépasser, quoiqu’il arrive et quelles qu’en soient les circonstances, le plafond de 500 CFA maximum.  Des négociations branches par branches seront immédiatement engagées avec les partenaires sociaux, afin de dégager des accords qui serviront de base légale à une Grande loi Sociale concernant l’Hôpital, l’Education, l’Emploi, la Fonction publique.  L’impossibilité pour les élèves de sortir du cursus scolaire avant d’avoir atteint le niveau BAC !  L’Etat prendra dans le cadre de cette Grande loi Sociale, les mesures d’aides Sociales permettant aux familles les plus fragiles de faire face à cette obligation qui relève d’une importance capitale pour votre Pays.

Sur le plan Politique, administratif, et économique.  Une nouvelle architecture ministérielle, verra le regroupement de grands pôles ministériels, pour une meilleure efficacité, en limitant à 15 le nombre des ministères.  J’ai remis à M. Adomayakpor le Plan de cette nouvelle Architecture des départements ministériels, qu’il fera publier dans les semaines à venir.  Toutes ces décisions seront pilotées par le Président Faure, dans le cadre de son actuel Mandat, avec un gouvernement d’union nationale, dont le Premier Ministre ne pût être issu que de l’opposition, et en étroite concertation avec le CSRR.

Ces premières mesures constituent le premier volet d’une séquelle d’autres mesures qui seront prises dans le cadre des projets de loi qui seront déposés par le Nouveau Gouvernement, dont celui portant organisation des sociétés d’État, et dont les Directeurs généraux ne pourront plus faire plus de 2 Mandats à la tête des sociétés qu’ils dirigentToutes ces mesures visent un seul et unique objectif :  la Réinitialisation d’une République devenue exemplaire, soucieuse du respect irréductible de l’égalité des Citoyens d’Etat devant la loi, l’observance d’une justice équitable, mais implacable devant le désordre et les délits de tous ordres, en particulier, la corruption, et les trafics en tous genres.  Je vous remercie !  Vive le Togo, Vive la République »

Apres avoir réglé les points essentiels de sa mission Historique, le Général retourna s’aboucher avec son fils le Président Faure, pour vider les apostumes, c’est-à-dire crever les abcès politiques, financiers, familiaux et moraux.  Les liens désormais renoués, c’est avec lui qu’il s’en alla prendre un véritable bain de foule, digne du Grand libérateur venu de l’au-delà, entouré de tous les responsables politiques du Pays, dans un climat consensuel extraordinaire.  Il rendit visite au Grand Citoyen d’État Pascal Bodjona dont il s’est réjoui de la libération, et à qui il transmit un message confidentiel et personnel de son Créateur, puis rentra retrouver les siens qui l’attendaient tous réunis dans sa ville natale de Pya où, exceptionnellement lui fut organisé, hors saison, « un » petit Evala.  Le Général laissa couler quelques larmes derrière ses lunettes noires, se leva, fit ses adieux définitifs, réapparut chez moi dans la même pièce, en l’occurrence mon fumoir où, il m’apparut quelques heures auparavant, pour s’envoler vers sa résidence des cieux, rendre compte à Dieu, à tous nos Chers disparus, à Sylvanus Olympio et aux autres membres du Conseil de Surveillance de la République Réinitialisée.

Ému, je chuchotai :  Dieu est Grand, et me signai :  « Au nom du Père, du Fils et du St Esprit AMEN » !

J’ose espérer qu’au-delà du second degré de cette fiction, de Grands Esprits eussent pu en tirer quelque inspiration et méditer ceci :  La Politique, c’est l’Art de rendre possible, autant que possible, l’impossible.  Il est urgent de comprendre que la seule chose qui vaille pour un Homme d’État, c’est l’assurance que les effets de son action concourent à l’Essentiel-utile et sacralisent la préséance de la place irréductible de l’homme et de la Justice dans les préoccupations qui dussent gouverner ses actions.  L’HISTOIRE NE RETIENT QUE LES HOMMES ET LES FEMMES QUI ONT EU LE COURAGE D’AVOIR OSE !

Permettez-moi, Mesdames et Messieurs, Chers Concitoyens d’État, de lever mon verre à la Mémoire du Général Eyadema, de tous ses illustres prédécesseurs, et à nos Chers Disparus ! Dieu est Grand !  Qu’il nous bénisse et nous pardonne nos manquements et nos péchés

Cyr Adomayakpor Alban de la Meunière / 28 Février 2016

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A propos Colombo KPAKPABIA 1045 Articles
Colombo Kpakpabia est Directeur de publication du journal Le Temps. Il capitalise plus de 20 ans d'expérience dans la presse écrite et audiovisuelle. Colombo axe son travail sur la recherche et l'efficacité. Contact Email: colombock@gmail.com

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