Malaise au Conseil national du patronat : la justice nomme deux administrateurs

Tout est permis dans la compétition électorale pour le nouveau bureau du Conseil national patronat: fraudes et influences politiques  en tout genre. Ceci n’est pas de nature à embellir l’image d’une institution accusée de ne pas composer avec la liberté d’affaires prônée par elle-même.

Le feuilleton électoral qui secoue le Conseil national du patronat depuis janvier 2014 vient de connaître son épilogue judiciaire avec l’annulation du scrutin par la justice. Une administration provisoire est placée à la tête du CNP pour une durée de 18 mois, en attendant une nouvelle élection. Le précédent scrutin contesté par Stéphane Ahlonko Bruce, le rival  du président Albert Kossivi Naku, élu le 06 janvier, serait entaché d’irrégularités. M. Bruce dénonçait  le vote de membres non à jour de leurs cotisations et le refus de vote opposé à l’Association des Professionnels de Banque (APB).

Mais c’est une vraie crise que traverse l’institution du CNP. Le verdict scelle l’avenir de M. Naku à la tête du CNP depuis 2001. Présent dans les BTP, le patron des Entreprises nouvelles togolaises de travaux publics (ENTTP) était omniprésent dans les  BTP avant de voir sa suprématie contestée par deux nouvelles têtes proches du pouvoir, Midnight Sun, de Victor Sossou, et Ceco BTP. L’homme serait en disgrâce pour des raisons encore inconnues.

Son challenger, Stephane Ahlonko Bruce est un requin des affaires. Patron de la société Sigma, cet expert-comptable  de formation est un des plus gros importateurs de riz chinois et thaïlandais. Très dur en affaire, il exerce une forte domination dans le commerce des pagnes où il a tenté en 2009 d’avoir le monopole sur les tissus chinois Hitarget.

Albert Kossivi Naku, ex-président du CNP, patron des Entreprises nouvelles togolaises de travaux publics (ENTTP)
Albert Kossivi Naku, ex-président du CNP, patron des Entreprises nouvelles togolaises de travaux publics (ENTTP)

 

Il est soutenu par un homme des plus controversés, Jonathan Fiawoo, de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCIT), dont le mandat doit prendre fin en novembre prochain mais qui désire rempiler contrairement aux statuts. Cette figure de la bourgeoisie de commerce de la côte est arrivée à la CCIT en 2005, soutenu par Faure Gnassingbé. Stephane Ahlonko Bruce est également soutenu par Sabine Gruner, qui a ses entrées à la présidence de la République.

 

A propos Komi Dovlovi 1071 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

Laisser un commentaire

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*