Un homme de 19 ans condamné pour des « viols » sur des chèvres et une agnelle

Massoud S., 19 ans, était jugé ce lundi pour plusieurs agressions à caractère sexuel sur des chèvres et des moutons d’une ferme-refuge pédagogique.

« Ce n’est pas possible ». Massoud S., veste grise et pantalon noir, a l’air concentré. Ses yeux noirs fixent l’interprète malgré les rappels de la présidente de s’adresser à la cour, devant le tribunal d’Aix-en-Provence. Le jeune homme de 19 ans, né en Afghanistan, ne s’anime que lorsqu’il répond aux questions, brièvement et en anglais. Il comparaît ce lundi pour des atteintes sexuelles et des sévices graves envers six animaux : des chèvres, dont une est morte, et une agnelle de six mois.

Des faits commis à plusieurs reprises entre février et avril sur ces caprins appartenant au refuge et à la ferme pédagogique « Un moment », aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille. Cassandra Sortino, propriétaire de la structure, en garde un vif traumatisme. « On a monté cette association pour faire le bien, et les animaux ont été en danger dans notre propre structure. On ne peut pas l’expliquer moralement, témoigne-t-elle. On a l’impression d’avoir failli ». Elle se défend sans avocat à la barre, cherchant en vain une réponse à son « pourquoi ? ».

« Je ne sais pas comment l’expliquer »

Pour elle et ses bénévoles, présents sur les bancs, le cauchemar a commencé en février. Après avoir remarqué des traces de ligature au niveau des pattes de certains animaux, elle décide de déposer plainte. Les bêtes présentent également des blessures à la vulve et des traces de sang, constatées par un vétérinaire. Après l’installation d’une caméra de surveillance, Cassandra Sortino repère plusieurs fois une silhouette d’homme et constate les mêmes traces de violences. Elle se rendra plusieurs fois au commissariat avant que le prévenu ne soit interpellé début avril, en flagrant délit, derrière une chèvre. Il porte des gants en latex, son pantalon est baissé.

Malgré les preuves – son ADN a été retrouvé sur les animaux et son téléphone a borné à plusieurs reprises à proximité de la ferme –, Massoud S. nie totalement les faits. « Je ne sais pas comment l’expliquer », répond-il aux questions des magistrats. La nuit de son interpellation, il raconte avoir raté son train vers Marseille, où il réside dans un centre de demandeur d’asile du 3e arrondissement. « Cet endroit était tout près de la gare, pour moi il n’y avait aucun autre endroit où rester pour passer la nuit », justifie-t-il.

« J’aurais aimé comprendre »

L’interrogatoire a parfois des allures de dialogue de sourds, freiné par la traduction laborieuse en anglais. Arrivé en France en novembre 2025, Massoud S. dit avoir perdu sa famille dans un bombardement en Afghanistan, durant la guerre. « Après avoir raconté mon histoire et les effets sur ma santé mentale, j’ai reçu un traitement », retrace-t-il, le qualifiant de « très lourd ». Interrogé sur son éducation religieuse stricte, il dit se sentir « plein de honte ».

Lors de l’expertise psychiatrique, réalisée à l’occasion de sa détention provisoire, le médecin rapporte une absence de trouble et une forme de reconnaissance partielle des faits. « On en fait toute une histoire alors que ce ne sont que des animaux », aurait-il indiqué. Le prévenu explique que la personne qui a fait ça l’a certainement fait pour ne « pas violer une femme », car la chèvre ne va pas le reconnaître. Devant le tribunal, il peine à se souvenir de ces déclarations, pourtant pointées du doigt par les avocats des associations de défense des animaux, parties civiles. « Je suis quelqu’un de normal », se défend-il.

Au terme d’une délibération d’une heure, peu après 23 heures, il est condamné à trente mois d’emprisonnement avec maintien en détention, pour des faits requalifiés en « sévice ayant entraîné la mort ». Il est également condamné à une peine d’interdiction définitive du territoire français ainsi qu’une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (Fijaisv). « J’aurais aimé comprendre », regrette Cassandra Sortino face aux dénégations du prévenu. Elle envisage de faire appel.

Mathilde Durand, 20minutes


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A propos Colombo KPAKPABIA 1880 Articles
Colombo Kpakpabia est Directeur de publication du journal Le Temps. Il capitalise plus de 32 ans d'expérience dans la presse écrite et audiovisuelle. Colombo axe son travail sur la recherche et l'efficacité. Contact Email: [email protected]

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