Ce mercredi 25 mars, Nathan Newby a reçu la médaille de George, une récompense destinée aux Britanniques héroïques, pour avoir empêché une attaque terroriste devant l’hôpital St James de Leeds, dans le nord de l’Angleterre, le 20 janvier 2023. Un geste sur lequel il revient pour la première fois.
C’est un témoignage puissant qui forge l’admiration. Nathan Newby est revenue pour la première fois sur son geste héroïque du 25 mars 2023. Cette nuit-là, il se trouvait à l’hôpital à Leeds, dans le nord de l’Angleterre, après avoir contracté une infection pulmonaire, quand il a vu un homme qui lui paraissait « dérangé » devant l’entrée de la maternité. « Je suis allé voir s’il allait bien, essayer de le réconforter », s’est souvenu Nathan Newby, 35 ans, au micro de la BBC. « Il ne quittait pas des yeux un sac qui se trouvait à deux mètres de distance. »
Nathan Newby a alors poussé cet homme, Mohammad Farooq, à ouvrir son sac et découvert une bombe artisanale contenant 10 kilos d’explosifs dissimulée dans une cocotte-minute. « Je me suis dit qu’il n’y avait plus moyen de m’enfuir, alors autant rester avec lui, retrace le héros. Si j’avais pris la fuite, il aurait paniqué. Alors, je suis resté avec lui, essayant de le distraire de ce qu’il voulait faire, d’apprendre à le connaître, de comprendre ses pensées et de voir si je pouvais le faire changer d’avis. »
La situation était néanmoins très angoissante. Car « il n’y avait absolument personne, il n’y avait que lui et moi. Il n’y avait personne à qui je pouvais envoyer un signal », retrace Nathan Newby.
Un câlin qui a tout changé
Le jeune homme parvient tout de même à tenir la conversation, évoquant ses propres problèmes pour tenter de faire oublier à Mohammad Farooq les siens. « À un moment, il m’a demandé de me lever et de lui faire un câlin, alors j’ai dit : “Oui, vas-y, fais-moi un câlin, mon pote.” Il a ensuite dit : “Je veux que tu appelles la police avant que je ne change d’avis” », raconte Nathan Newby à la BBC.
Nathan Newby a alors demandé à Mohammad Farooq de lui prêter son téléphone parce qu’il n’avait plus de batterie et a appelé la police depuis son combiné. Sur demande des forces de l’ordre, le héros est passé en appel vidéo et les policiers ont demandé à Mohammad Farooq s’il avait d’autres armes. Celui-ci a ouvert sa veste et sorti un pistolet factice. Son nouvel « ami » lui a demandé de le poser sur le banc et la police est arrivée, arrêtant l’assaillant.
« Je suis rentré dans ma chambre d’hôpital et je me suis allongé sur le lit, se remémore Nathan Newby. C’est là que j’ai réalisé ce qu’il venait de se passer. C’est fou de penser que si je n’avais pas été hospitalisé, si je n’avais pas attrapé cette infection pulmonaire et si je n’avais pas été transporté d’urgence à l’hôpital, je serais resté chez moi, il serait parti et j’aurais vu ça aux informations. Je déteste aller à l’hôpital, mais ce jour-là, j’y étais pour une raison et ce n’était pas pour aller mieux… »
Le jeune homme éprouve néanmoins une certaine gêne à recevoir une médaille pour ce geste. « J’aime à penser que n’importe qui ferait ça, insiste-t-il. Certaines personnes sont fortes et d’autres gèrent les choses différemment, mais moi, c’est juste ma façon d’être. »
37 ans de prison
Mohammad Farooq a depuis été jugé. L’homme de 37 ans, ancien aide-soignant ayant travaillé à l’hôpital de Leeds, a reconnu s’être radicalisé « tout seul » et qu’il nourrissait un grief contre ses collègues. Il avait alors cherché à commettre un attentat « solitaire » pour « tuer autant d’infirmières que possible ». À son procès, des experts avaient expliqué que la bombe qu’il était parvenu à fabriquer était « deux fois plus grosse » que l’engin utilisé lors de l’attentat du marathon de Boston en 2013, qui avait fait trois morts et des centaines de blessés. Reconnu coupable de préparation d’actes de terrorisme, Mohammad Farooq a été condamné à une peine minimale de 37 ans de prison.
Paris Match
En savoir plus sur Le Temps
Subscribe to get the latest posts sent to your email.


Laisser un commentaire