Kako Nubukpo, le Ministre qui refuse de la fermer

Crédit photo @lome.com

L’affaire défraie la chronique. Kako Nubukpo dont l’aversion pour le franc CFA et la BCEAO est bien connue risquerait de faire les frais de son franc-parler. Dans l’article ci-dessous publié par notre confrère financial Afrik, on apprend que le ministre togolais ferait l’objet de vives pressions par des responsables de la BCEAO. Jean-Pierre Chevènement le français disait: “un ministre ça la ferme ou ça démissionne”. Mais cela ne saurait se vérifier au Togo…

Togo  – Est-il permis de critiquer l’arrimage du FCFA à l’euro? Pour l’avoir fait, Kako Nubukpo, ministre togolais de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques, est devenu la cible de certains dirigeants de la BCEAO. Sa tête est mise à prix.

Un courrier dont Financial Afrik a copie, appelle au limogeage de ce jeune et remuant ministre dont le tort est d’avoir pris la parole en public sans langue de bois pour fustiger «la servitude volontaire». Signé de Kossi Tenou, le directeur national de la BCEAO à Lomé, la lettre adressée au gouverneur de la banque centrale de l’UEMOA, Tiemoko Meyliet Koné, a été réexpédiée au président Faure Gnassingbé.

L’auteur de la missive, apparemment adepte de la vieille école, s’en prend ouvertement à M. Nubukpo dont les propos, écrit-il, «rassemblent plus à un acharnement qu’à une contribution intellectuelle».

Pour rappel, le ministre s’était exprimé sur le sujet du FCFA lors du forum Africa Best Practices organisé à Lomé les 26 et 27 février puis lors du colloque du Comité national togolais de politique économique (CNPE), les 5 et 6 mars derniers.

A chaque fois, les déclarations du ministre, précises et nourries par la théorie économique, ont fait mouche. Sa contribution plutôt technique que polémique sur l’arrimage à l’euro ainsi que sur la faible contribution des banques de la région dans le financement de l’économie avait fait l’objet de commentaires tout aussi techniques.

Il est quand même étonnant que pour avoir «osé» donner son avis sur la politique monétaire de son pays, un ministre se retrouve au milieu d’une correspondance qui confine plus à un PV de gendarmerie ou, au mieux, à une note des Renseignements généraux, souvent écrite au premier degré, qu’à une synthèse intellectuelle qu’un cadre de la BCEAO est en droit de faire pour son supérieur hiérarchique. Les idées nouvelles du ministre togolais de la prospective ont apparemment bousculé l’Afrique à papa, celle qui considère que le FCFA relève du tabou.

Financial Afrik et Le Temps

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