Le Burkina Faso, le Mali et le Niger veulent profiter de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies pour faire entendre une voix commune. Réunis à New York à la veille de l’ouverture des travaux, les trois pays de la Confédération des États du Sahel (AES), ont tenu une réunion préparatoire afin d’harmoniser leurs prises de parole, défendre leur projet confédéral et faire entendre directement leurs positions auprès des autres États membres des Nations unies.
Les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ainsi que les chefs de leurs missions diplomatiques à Washington et à New York se sont réunis dimanche 20 septembre, à la veille de l’ouverture de la 81ème Assemblée générale des Nations.
Les échanges ont porté sur le programme de la session et sur les messages qui seront développés au cours des différentes interventions. « Il s’est agi pour eux de revisiter le programme général et de s’accorder sur les éléments de langage qui doivent caractériser les différentes interventions, le but étant d’agir dans une démarche de cohérence, notamment dans le cadre de l’évènement parallèle sur la Confédération des Etats du Sahel qui sera animé par les Chefs de la diplomatie des trois pays », précise le communiqué du ministère des affaires étrangères du Burkina Faso.
« Nous sommes là pour porter la voix de l’AES nous-mêmes »
Pour le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, la présence des délégations de l’AES à New York doit servir à défendre directement, et sans intermédiaire, les positions de la Confédération.
« Le seul mot d’ordre c’est d’agir dans le sens de la consolidation de la Confédération AES, c’est aussi d’agir dans le sens de la continuité de la bataille pour la correction des narratifs sur l’espace confédéral », a-t-il déclaré. « Nous sommes là pour porter la voix de l’AES nous-mêmes et ne pas laisser d’autres acteurs parler à notre place. », a ajouté le chef de la diplomatie burkinabè.
L’AES élargit son réseau diplomatique
Loin de se limiter à l’affirmation d’une position commune, la présence de l’AES à New York sert aussi à multiplier les interlocuteurs. L’agenda prévu en marge de l’Assemblée générale de l’ONU prévoit des échanges entre les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger et leur homologue russe Sergueï Lavrov, mais également avec les chefs de la diplomatie de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Italie.
En juillet, l’AES et la Russie ont signé à Niamey un mémorandum instituant un cadre régulier de consultations diplomatiques pour la période 2026-2027, couvrant les questions politiques, sécuritaires et économiques. Dans le même temps, les responsables sahéliens, qui ont choisi de bâtir leur propre cadre de coopération après leur retrait de la CEDEAO, continuent de rechercher des échanges avec des partenaires européens et d’autres acteurs internationaux. New York devient ainsi un espace où l’AES peut à la fois consolider certains partenariats et en ouvrir de nouveaux.
Casimir Vodjo Kpenou, afrik.com
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