France : L’ancien Premier ministre Édouard Balladur est mort

Dernier Premier ministre de François Mitterrand, Édouard Balladur, décédé lundi à Paris à l’âge de 97 ans, restera dans l’histoire politique comme « l’ami de trente ans » de Jacques Chirac devenu son rival lors d’une campagne présidentielle de 1995.

Il était une figure majeure de la Ve République. D’abord homme de l’ombre du pouvoir au service de Georges Pompidou, puis numéro deux du gouvernement, puis Premier ministre. Édouard Balladur est mort à l’âge de 97 ans, quelques mois après le décès de sa femme, Marie-Joseph. Il laisse le souvenir d’un grand commis de l’État qui a géré la fin des années Pompidou, il était secrétaire général de l’Élysée, quand le président était malade et ne pouvait gérer au quotidien les affaires de la France.

Édouard Balladur avait connu la lumière en 1986 quand il devint ministre des Finances de Jacques Chirac durant la première cohabitation – c’est même lui qui a inventé le terme en 1983 pour stabiliser la Ve République ! Il était le stratège de Chirac, celui qui représentait l’aile libérale, quand Charles Pasqua représentait l’autorité et la sécurité. Il avait convaincu le président du RPR qu’il fallait se rallier à l’Europe et être plus souple. Après la défaite de Jacques Chirac en 1988 (« Nous étions déçu l’un par l’autre », écrivait-il) et la nouvelle victoire de la droite aux législatives de 1993, il arriva à Matignon. Un pacte entre Chirac et lui aurait été signé. À lui la place de Premier ministre, à Chirac celle du futur candidat. Moins risqué. Il explosa en vol avec la popularité du nouveau Premier ministre.

Édouard Balladur commença à ignorer les appels de Chirac, espaça les petits déjeuners de la majorité et compta ses soutiens. L’élection présidentielle mit aux prises deux amis de 30 ans. Édouard Balladur s’inclina et dut retourner à la pénombre. « Je vous demande de vous arrêter. » Toujours député de Paris, puis sage de la droite, il donna ses conseils au personnel politique de Nicolas Sarkozy, dont il était le mentor, jusqu’à Valérie Pécresse en 2022.

Celui qu’on caricaturait sur une chaise à porteurs, à cause de ses manières grand siècle ((« Je n’y ai pas assez fait attention et j’ai eu tort », expliquait-il dans une émission à « Voix nue »), laisse un solide bilan à Matignon et surtout l’image d’un grand commis de l’État.

Florent Barraco, Paris Match


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A propos Colombo KPAKPABIA 2080 Articles
Colombo Kpakpabia est Directeur de publication du journal Le Temps. Il capitalise plus de 32 ans d'expérience dans la presse écrite et audiovisuelle. Colombo axe son travail sur la recherche et l'efficacité. Contact Email: [email protected]

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