Une nouvelle polémique entache l’image du football en pleine Coupe du monde. Le carton rouge reçu par la star de l’équipe américaine Folarin Balogun face à la Bosnie-Herzégovine a été annulé sous pression de Donald Trump.
Quand Donald Trump et Gianni Infantino jouent leurs propres règles… Un nouveau scandale vient entacher, une fois de plus, l’image du football et de sa fédération internationale, la Fifa, en pleine Coupe du monde. Alors qu’il n’a encore assisté à aucun match et brille par son absence – y compris sur les réseaux sociaux – depuis le début de la compétition, le président américain a publié un message sur Truth Social dimanche 5 juillet pour « remercier la Fifa d’avoir fait ce qu’il fallait et réparé une grande injustice ».
Retour au 1er juillet. Ce jour-là, les Etats-Unis se sont imposés 2 à 0 face à la Bosnie-Herzégovine, mais la superstar de la Team USA Folarin Balogun a reçu un carton rouge suite à un contact avec le pied d’un joueur adverse. Une sanction qui s’est accompagnée, comme le veut le règlement de la FIFA, d’une suspension d’un match. Seulement, de façon tout à fait extraordinaire, cette sanction a été « suspendue pour une période probatoire d’un an » par l’instance dirigeante dimanche 5 juillet.
Une situation qui ne s’était jamais vue depuis 1962 et qui signe le retour de Folarin Balogun sur le terrain dès ce lundi 6 juillet pour affronter la Belgique en huitièmes de finale.
Un coup de fil direct
Tout le monde y a évidemment vu non pas la main de Dieu, mais celles de Donald Trump et de Gianni Infantino, dont la proximité est telle que le second a créé un « prix de la paix Fifa » spécialement pour flatter l’ego du premier. Et les preuves n’ont pas tardé à arriver. Le « New York Times », le « Wall Street Journal » et ABC News ont tous obtenu des informations indiquant que le président des États-Unis a personnellement appelé le président de la Fifa la semaine dernière pour lui demander de revoir la suspension de Folarin Balogun. Au téléphone, Donald Trump aurait expliqué à Gianni Infantino que « tout le monde lui disait que la décision était erronée ». Il lui a, de fait, demandé de bien vouloir réexaminer la décision de l’instance dirigeante, menaçant, selon le « New York Times » de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS)… et le Suisse s’est exécuté.
Dans un communiqué, la Fédération royale belge de football s’est dite « stupéfaite » par cette décision. L’équipe éliminée rappelle que le Code disciplinaire de la Fifa stipule clairement qu’un carton rouge entraîne automatiquement une suspension pour le match suivant et insiste sur le fait que « cela a été le cas pour tous les cartons rouges précédemment distribués ». « Afin de préserver les droits légitimes de toutes les équipes participantes et de protéger les principes fondamentaux du fair-play dans notre sport, tant lors de cette Coupe du Monde de la Fifa que lors des éditions futures du tournoi, la RBFA étudie toutes les options possibles », menace la Fédération royale belge.
De son côté, le sélectionneur américain Mauricio Pochettino a déclaré : « Ma réaction est celle de tous ceux qui aiment vraiment ce sport et qui ont confiance en son éthique et son intégrité. Nous saluons cette décision. Nous avons déjà été suffisamment pénalisés contre la Bosnie-Herzégovine, en jouant à 10 pendant 30 minutes à cause d’une décision totalement injuste. »
« Une ligne rouge a été franchie »
Face au tollé général, l’UEFA a déploré que la Fifa avait « franchi une ligne rouge », dénonçant une décision « inédite, incompréhensible et injustifiable ». « Le football, comme tout autre sport, repose sur des règles, qui sont le fondement d’une compétition équitable, honnête et transparente, a rappelé l’organisation européenne. Parfois, les règles sont sujettes à interprétation. En l’occurrence, ce n’est pas le cas. »
L’UEFA dans un communiqué
La suspension de Folarin Balogun, a minima pour le huitième face à la Belgique, est « un principe inscrit dans les règlements, qui ne peut souffrir aucune exception, a fortiori en plein milieu d’un tournoi au cours duquel plusieurs autres joueurs ont connu la même situation », insiste encore l’UEFA. « Lorsque la sécurité juridique des règles n’est plus garantie par ceux qui en sont les gardiens, c’est l’intégrité du jeu qui est en jeu et la crédibilité d’une compétition qui se trouve sapée. De même, une telle décision crée un précédent dans le tournoi en cours, où des situations similaires devront désormais recevoir un traitement identique, au détriment de la compétition. »
Paris Match
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