Tandis que les autorités cherchent le moyen de supprimer l’usage des VPN, l’opposition s’insurge contre une restriction de la liberté d’expression.
Les Gabonais qui comptaient retrouver l’usage noral de whatsapp, instagram, fcebook ou tiktok sous peu ne sont pas au bout de leur peine. La décision de la Haute autorité de la communication (HAC) de suspendre les réseaux sociaux au Gabon est effective depuis deux semaines et les autorités réfléchissent à la durcir.
Les VPN dans le viseur des autorités. Le 2 mars, le président de la HAC, Germain Ngoyo Moussavou, a annoncé dans une interview à L’Union vouloir s’attaquer aux réseaux privés virtuels (VPN), massivement utilisés pour contourner la mesure.
Un VPN permet en effet de se géolocaliser hors du Gabon et de profiter des plateformes suspendues sans problème. Reste à trouver les financements d’un tel durcissement, et à scinder les circuits d’usage des VPN des circuits bancaires numériques, afin que ces derniers ne pâtissent pas de la décision.
Une décision d’Oligui Nguema. Dénonçant des « campagnes organisées de diffamation » et des « manœuvres de déstabilisation et d’instrumentalisation politiques inacceptables », le président Brice Clotaire Oligui Nguema a confirmé lors du conseil des ministres du 2 mars être à l’origine de cette mesure prise le 17 février, laquelle constitue selon lui un « acte de souveraineté et de responsabilité ».
La HAC est pourtant un organe de surveillance indépendant de l’État. Après la suspension des réseaux sociaux et la polémique qui fait rage depuis, le président a décidé d’aller encore plus loin pour appuyer cette mesure « exceptionnelle » en faisant adopter des projets d’ordonnance en conseil des ministres.
L’un d’entre eux concerne la recevabilité devant les juridictions de preuves numériques et électroniques, qui doivent désormais être authentifiées. Cette nouvelle mesure pourrait elle aussi susciter une polémique au regard des nombreuses vidéos publiées par la famille Bongo et relayées sur les réseaux sociaux ces derniers mois.
Capturées à l’insu des principaux intéressés par Noureddin Bongo-Valentin et ses lunettes équipées d’une caméra discrète, elles montrent Brice Clotaire Oligui Nguema lui-même et certains hauts cadres de l’État, dans le but de porter atteinte à leur image.
L’opposition saisit la justice. Ces nouvelles restrictions surviennent tandis que les comptes Facebook d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, principal opposant au président et candidat malheureux à la dernière élection présidentielle, et de son parti politique Ensemble pour le Gabon ont été suspendus. L’ancien Premier ministre a dénoncé dans un communiqué de presse une « décision disproportionnée » et pointe du doigt une atteinte à la liberté d’opinion, d’accès à l’information, d’expression, de communication et de presse.
Bilie-By-Nze a annoncé avoir saisi le tribunal de première instance de Libreville à ce propos, « pour une requête en référé d’heure à heure, aux fins de constatation d’une voie de fait et cessation d’atteinte grave aux libertés fondamentales ».
Jeanne Le Bihan, Jeune Afrique
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