C’est dans cette même maison d’arrêt qu’était récemment détenu durant tout son procès le rappeur P. Diddy. L’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro, capturé le 3 janvier lors d’une opération militaire américaine, a été transféré aux États-Unis pour faire face à la justice pour « narcoterrorisme ». Depuis son arrestation, il est emprisonné avec son épouse Cilia Flores au Metropolitan Detention Center (MDC) de Brooklyn, une prison tristement célèbre.
Celui qui a plaidé non coupable ce lundi 5 janvier au tribunal de New York d’accusations de trafic de drogue devant le tribunal fédéral du Southern District, à Manhattan, a été reconduit au MDC jusqu’à la prochaine audience, fixée au 17 mars, rappelle Le Parisien
Ce qui rend le « MDC » célèbre, ce sont d’abord les conditions de détention qui y sont inhumaines. Le centre est vétuste, insalubre et dangereux, résume le média Axios. D’après le New York Times, plusieurs agressions et meurtres ont eu lieu ces dernières années dans cet établissement accueillant jusqu’à 1 600 détenus, pas tous de grands criminels. En 2024, deux hommes ont notamment été assassinés par des codétenus à l’aide « d’armes improvisées », selon le ministère de la Justice américain.
Panne de courant, asticots dans l’assiette
Les agents pénitentiaires auraient aussi des comportements particulièrement violents à l’encontre des prisonniers. Le Parisien, citant un rapport du ministère de la justice américaine de 2020, évoque, par exemple, la mort d’un prisonnier souffrant de démences après avoir été aspergé de bombe au poivre puis menotté par un membre du personnel du MDC.
Autres exemples : au cours d’une vague de froid à l’hiver 2019, une panne d’électricité a plongé l’établissement dans une obscurité totale pendant une semaine, relate l’agence AP. D’autres détenus ont raconté avoir découvert des asticots dans leur assiette ou de la nourriture périmée.
La réputation de l’établissement est aussi liée aux criminels qui y sont enfermés. Le rappeur Sean « Diddy » Combs a été incarcéré au MDC pendant un peu plus d’un an avant d’être condamné à plus de quatre ans de prison en octobre pour transport de personnes à des fins de prostitution.
D’« El Chapo » à Ghislaine Maxwell
Axios cite de nombreux autres « prisonniers célèbres » qui ont transité ou sont restés plusieurs mois derrière les barreaux de la prison de Brooklyn, tels que le baron de la drogue mexicain Joaquin « El Chapo » Guzman ou Luigi Mangione, accusé d’avoir assassiné Brian Thompson, le PDG de UnitedHealthcare.
Un ex-président du continent américain également accusé de trafic de drogue (puis condamné) y a aussi séjourné : l’Hondurien Juan Orlando Hernandez, récemment gracié par Donald Trump.
Ghislaine Maxwell, détenue au MDC avant d’être reconnue coupable en 2021 pour avoir aidé le délinquant Jeffrey Epstein à abuser sexuellement de mineures, s’est plainte pendant son incarcération de la présence d’excréments de vermine dans sa cellule, indique la radio RNZ. Âgée de 64 ans, celle qui a été condamnée en juin 2022 à vingt ans de prison pour crimes sexuels a été transférée en août dans une prison pour femmes au Texas, rappelle la BBC.
Le Bureau fédéral des prisons, division du ministère de la Justice qui gère le MDC Brooklyn, s’est défendu dans un rapport publié en septembre 2025 que les conditions de détention s’étaient améliorées grâce à l’augmentation des effectifs et à de nombreuses réformes. Nicolás Maduro témoignera peut-être un jour de son séjour dans cette prison qualifiée « d’enfer sur Terre ».
Éva Craine, Huffpost
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