Luiz Inacio Lula da Silva débutera son quatrième mandat en janvier 2027. Il était arrivé derrière son adversaire lors du premier tour, mais il a finalement renversé la tendance. À presque 81 ans, Luiz Inacio Lula da Silva a été réélu président du Brésil ce dimanche 25 octobre, et a ainsi décroché un quatrième mandat.
« Je voudrais remercier le peuple brésilien pour la générosité dont il fait preuve à mon égard depuis si longtemps », a déclaré Lula lors de son discours de victoire à São Paulo. « Et, lors de ce second tour, je tiens à remercier la jeunesse brésilienne pour sa générosité, elle qui est descendue dans la rue pour défendre la démocratie. »
Avec 51,76 % des voix contre 48,24 % pour son rival, le conservateur Bolsonaro Flavio, le fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, Lula a déjoué les pronostics et permis au Brésil de rester à gauche. Contrairement à plusieurs de ses voisins, comme l’Argentine, le Chili et la Colombie, le plus grand pays d’Amérique latine n’a donc pas basculé à droite.
Cette réélection constitue un nouveau rebondissement dans le parcours de l’ancien ouvrier métallurgiste, qui avait déjà dirigé le pays entre 2003 et 2010 avant de revenir au pouvoir en 2023. Emprisonné pour corruption pendant 580 jours entre 2018 et 2019, il avait ensuite vu ses condamnations annulées.
Un Parlement très conservateur
Il aura 85 ans à la fin de son mandat en 2030, et totalisera alors 16 années passées à la tête du Brésil, un record absolu pour un président élu démocratiquement dans le pays.
Pour convaincre les électeurs, il a misé sur les aides sociales avec notamment une revalorisation de la Bolsa Família, un programme de soutien aux familles les plus pauvres. Il a également fait de la souveraineté brésilienne un thème central de sa campagne, accusant son adversaire de vouloir « gouverner avec le drapeau américain ».
Lors de son discours de victoire, Lula a également insisté sur la souveraineté du Brésil. Il a vu dans les rassemblements de ses partisans la preuve que son pays « refuse d’être l’arrière-cour de qui que ce soit ». Une allusion pas vraiment cachée aux pressions exercées par les États-Unis sur l’Amérique latine.
Le scrutin a également été marqué par une prolongation de deux heures de l’ouverture des bureaux de vote. Une décision qui avait été ordonnée par un juge dans la soirée après des signalements de perturbations dans les transports en commun susceptibles d’empêcher les électeurs de se rendre aux urnes.
Cette victoire ne lui garantit toutefois pas une majorité pour gouverner. Il y a quelques semaines, les élections législatives ont vu une forte poussée conservatrice, ce qui laisse présager d’un quatrième mandat possiblement difficile dans un pays très divisé.
Le quatrième mandat de Lula commencera le 5 janvier 2027.
Anne-Fleur Andrle, HuffPost
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