Attaque de l’aéroport de Niamey : ce que cela pourrait signifier

Au Niger, des assaillants armés ont attaqué, mercredi, l’aéroport international Diori Hamani, à Niamey. Ce site abrite aussi une base de l’armée de l’air nigérienne et le QG de la Force unifiée créée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali, dans le cadre de la lutte contre le djihadisme.

Plusieurs sources ont déclaré à la DW avoir entendu des détonations aux environs de minuit, heure locale. La situation est revenue à la normale, toujours selon ces sources, après cette attaque surprise qui a visé les environs de l’aéroport international, situé en périphérie de Niamey.

Un mode opératoire qui rappelle celui du JNIM

L’aéroport est un site stratégique qui abrite une base de l’armée de l’air nigérienne, où sont stationnés des drones, et le quartier général de la Force unifiée créée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

Par ailleurs, une importante cargaison d’uranium, dont le Niger est producteur, est actuellement entreposée au sein de l’aéroport, dans l’attente d’être exportée. Selon des témoins, les assaillants, lourdement armés, étaient à motos. Pour l’heure, l’attaque n’a pas été revendiquée.

Mais d’après Seidik Abba, journaliste, chercheur associé et président du Centre international d’études et de réflexions sur le Sahel (Cires), le mode opératoire ressemble à celui utilisé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), le 17 septembre 2024. Ce jour-là, le groupe djihadiste avait attaqué l’aéroport de Bamako.

« Le fait de cibler des aéroports et de procéder à des attaques avec un commando de personnes aguerries ressemble visiblement à des opérations du Jnim. Et le fait de pouvoir monter cette attaque prouve une capacité opérationnelle importante » explique Seidik Abba qui rappelle que « les bases arrière du Jnim se trouvent à des centaines de kilomètres d’où l’attaque a pu se produire ».

Des failles sécuritaires

Le Jnim opère généralement en rivalité avec l’État islamique au Grand Sahara, notamment dans le Nord-ouest du pays, vers la frontière avec le Burkina Faso et le Bénin. L’attaque d’hier révèle, selon Seidik Abba, des failles sécuritaires. Pour lui « cela traduit le défaut d’anticipation qu’il y a eu ». Il estime par ailleurs qu’il « semble que depuis un certain temps, la rumeur d’une probable attaque d’une opération comme celle-là a beaucoup circulé, y compris dans les milieux chargés de la sécurité. Et avant cela, il y a eu des attaques qui se sont progressivement rapprochées de Niamey et on est très surpris qu’il n’y ait pas eu cette anticipation qui aurait pu permettre de prévenir une attaque de cette envergure ».

La semaine dernière, le Jnim avait revendiqué la destruction d’un véhicule de l’armée, à l’aide d’un engin explosif improvisé, à quelques kilomètres seulement à l’est de Niamey.

Aucun bilan de cette attaque de l’aéroport n’a été fourni par les militaires au pouvoir qui n’ont pas encore réagi officiellement.

Eric Topona, DW


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A propos Colombo KPAKPABIA 1510 Articles
Colombo Kpakpabia est Directeur de publication du journal Le Temps. Il capitalise plus de 32 ans d'expérience dans la presse écrite et audiovisuelle. Colombo axe son travail sur la recherche et l'efficacité. Contact Email: [email protected]

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