Le numéro deux du parti de l’ex-président congolais Joseph Kabila a été arrêté le 16 décembre à Kinshasa par les autorités de la RDC, a annoncé sa formation politique. « Emmanuel Ramazani Shadary a été arrêté dans des conditions qui suscitent une vive inquiétude, tandis que le siège du FCC (Front commun pour le Congo, coalition à laquelle appartient son parti) a fait l’objet d’une perquisition nocturne », a écrit sur X Aubin Minaku, cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).
Ancien ministre de l’Intérieur (2016-2018), Ramazani Shadary avait été candidat à la présidentielle de décembre 2018, face notamment à l’actuel président Félix Tshisekedi, alors chef de file du parti historique d’opposition UDPS. Il était arrivé troisième avec 23 % des voix, derrière Tshisekedi (38,5 %).
Aubin Minaku a dénoncé des « méthodes qui fragilisent davantage la cohésion nationale » et appelé à « la relaxe » d’Emmanuel Ramazani Shadary, interpellé en même temps qu’un de ses proches. Cet acte constitue « une forme de pression et d’intimidation » contre les proches de Joseph Kabila, a déclaré à l’AFP un porte-parole du PPRD, Nharly Amisi.
Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, a été condamné fin septembre à la peine capitale par contumace pour « complicité » avec le groupe armé M23, qui opère dans l’Est avec le soutien du Rwanda. Mi-octobre, l’ex-chef de l’État a rassemblé plusieurs opposants congolais à Nairobi, dont Ramazani Shadary, lors d’une rencontre où ils ont décrié la « dictature » dans le pays et des « jugements iniques ».
Le M23 a mené des offensives d’ampleur dans l’est de la RDC, riche en ressources naturelles et en proie à des conflits depuis plus de trois décennies. En début d’année, cela lui a permis, avec ses alliés rwandais, de s’emparer de Goma et de Bukavu. Joseph Kabila, qui avait quitté la RDC en 2023 selon son entourage, avait fait une apparition surprise à Goma, fief du M23, suscitant l’inquiétude des autorités congolaises.
En avril, Kinshasa avait perquisitionné plusieurs propriétés de l’ex-président et suspendu les activités du PPRD.
(Avec AFP)
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