Inquiétude à Kolwezi après la découverte de minerais radioactifs

L’origine de cette radioactivité est encore incertaine, mais par le passé, des cargaisons de cobalt ont déjà enregistré une semblable contamination. La présence d’un peu d’uranium dans cette région minière qu’on appelle la ceinture de cuivre et de cobalt explique ce genre d’incident. Malgré tout, les autorités congolaises, qui parlent d’un « risque immédiat pour la santé”, n’ont pas communiqué sur l’ampleur de la radioactivité enregistrée et les populations riveraines de la zone minière concernée, à Kolwezi, se font beaucoup de souci.

Une urgence humaine et environnementale

Les responsables de Kamoto Copper Company, dont le permis d’exploitation couvre la zone du remblai T17, ont été convoqués, tandis que la société civile locale confirme la présence de minerais uranifères, mais aussi de plomb.

À Kolwezi, l’urgence n’est pas seulement environnementale. Elle est humaine. Sur le remblai T17, où des minerais radioactifs ont été découverts, c’est d’abord la santé des populations riveraines, estimées à plus de 100.000 personnes, qui est en jeu.

« Le gouvernement doit primo sécuriser le site. Secundo, tout exploitant minier qui se trouve sur le site doit être évacué urgemment et tertio, celui qu’on aura détecté doit être mis en quarantaine » précise Lambert Menda le coordonnateur de la nouvelle société civile congolaise.

Sur place, les habitants des quartiers Gécamines Kolwezi et Musonoie, voisins du remblai T17, disent vivre avec la peur.

D’autant plus que cette alerte radioactive s’ajoute à celle, il y a quelques jours, concernant des émissions de dioxyde de soufre, liées à l’extraction du cobalt et du cuivre dans une autre mine, située à une dizaine de kilomètres.

« On nous demande de ne pas consommer l’eau de forage, alors que l’eau, c’est la vie. Comment allons-nous faire ? Comment allons-nous préparer la nourriture ? L’air que nous respirons est déjà pollué. Nous vivons dans des conditions très difficiles. Il y a trop de malades dans les familles. Ce que je déplore le plus, c’est l’état des jeunes enfants » explique Patrick Mbikayi qui habite à côté du remblai T17.

Le gouvernement se veut rassurant

Face à la dégradation de la situation, le gouvernement congolais s’efforce de rassurer les habitants de Kolwezi, par la voix de la ministre en charge des questions nucléaires, Marie-Thérèse Sombo.

« Au nom du gouvernement de la RDC », elle confirme que « la zone du remblai T17 en situation d’urgence radiologique. À la suite de l’exploitation du site par des creuseurs artisanaux, la présence avérée de matières radioactives constitue un risque majeur pour la santé publique, la sécurité nationale et l’équilibre écologique. »

Néanmoins, il n’existe pas encore de mesure officielle de la radioactivité sur place. À Kolwezi, la crise du remblai T17 rappelle une réalité plus large, celle d’une population dont la santé est menacée par l’exploitation minière.

Timothée Prince Odia, DW


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A propos Colombo KPAKPABIA 1649 Articles
Colombo Kpakpabia est Directeur de publication du journal Le Temps. Il capitalise plus de 32 ans d'expérience dans la presse écrite et audiovisuelle. Colombo axe son travail sur la recherche et l'efficacité. Contact Email: [email protected]

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