Près d’Orlando, un adjoint du shérif arrête un SUV de police lancé à 129 km/h en zone limitée. De ce contrôle entre collègues naîtront des poursuites, puis un dénouement inattendu.
Un policier qui allume gyrophare et sirène pour arrêter… une autre voiture de police. La scène paraît tout droit sortie d’une série télé, pourtant elle s’est jouée en plein jour, sur une route de Floride, avec de vrais uniformes et de vraies conséquences à la clé, selon Classic Cero.
Au centre de l’histoire, un agent du Orlando Police Department, Alexander Shaouni, et un adjoint du shérif du comté de Seminole qui, lui, était simplement posté sur le bord de la route. En quelques secondes, un banal contrôle de vitesse s’est transformé en affaire judiciaire, avant de déboucher sur un retour en service plutôt inattendu. Et là, les questions commencent.
En Floride, un policier d’Orlando rattrapé par un collègue du shérif
Les faits se déroulent près d’Orlando, en Floride. D’après les éléments retenus dans le dossier, Alexander Shaouni roulait à environ 80 mph, soit près de 129 km/h, alors que la limitation sur la portion était de 40 à 45 mph, c’est à dire entre 64 et 72 km/h. Il se rendait à son travail, en uniforme, au volant d’un SUV de patrouille marqué aux couleurs de la police d’Orlando, mais sans activer ni gyrophare ni sirène. Autant dire que pour n’importe quel automobiliste, cela ressemble à un excès de vitesse classique.
Un adjoint du Seminole County Sheriff’s Office, lui, est arrêté sur le bas côté avec son véhicule. Il voit passer la voiture de police à très vive allure. Il enclenche alors ses feux, déclenche la sirène et se lance à sa poursuite. Les véhicules du shérif auraient dû grimper jusqu’à des vitesses proches de 100 mph, soit environ 160 km/h, pour rattraper le SUV de l’agent d’Orlando. Une fois le véhicule stoppé, l’adjoint applique la procédure habituelle d’un contrôle routier.
D’un simple excès de vitesse à un dossier effacé puis un retour en patrouille
Après l’arrêt, l’adjoint du shérif descend de sa voiture et s’avance vers la portière du SUV de police pour demander la licence de conduire d’Alexander Shaouni, comme pour n’importe quel conducteur contrôlé. C’est à ce moment que la situation se grippe. D’après le rapport, Shaouni refuse de remettre son permis, retourne dans son véhicule et repart, quittant le lieu du contrôle sans aller au bout de la procédure. Le contrôle entre collègues vient de se transformer en incident sérieux.
Dans les jours qui suivent, l’agent du Orlando Police Department est arrêté. Il est poursuivi pour conduite téméraire, pour avoir roulé à environ 129 km/h dans une zone limitée à 64 ou 72 km/h, mais aussi pour avoir évité un officier et résisté sans violence après avoir quitté la scène du contrôle. En parallèle de la procédure pénale, son propre service ouvre une enquête interne par le biais des Asuntos Internos, l’équivalent des services d’“Internal Affairs”. L’agent est retiré du service le temps des investigations.
La suite se joue du côté de la justice. La défense d’Alexander Shaouni négocie son inscription dans un programme alternatif au procès, un dispositif de type « Pretrial Diversion », appelé dans le dossier « Pretial Diversión », conçu pour les contrevenants sans antécédents. Ce genre de programme impose des conditions à remplir avant jugement pour éviter une condamnation. Dans ce cas précis, l’agent complète le programme en décembre. Les charges pénales sont alors retirées et le processus est lancé pour que l’incident soit effacé de son casier.
Une fois la procédure judiciaire refermée, l’enquête interne suit son cours. Après la revue menée par les services d’Asuntos Internos, Alexander Shaouni est réintégré dans ses fonctions. Il reprend le travail dans sa patrouille, sur un service de nuit, comme avant l’affaire. Un dénouement qui reste décrit comme peu courant pour ce type d’incident, dans un pays où la notion de « professional courtesy » entre agents, cette tendance à ne pas verbaliser un collègue, alimente souvent le débat public.
Ce contrôle routier pas comme les autres montre en tout cas que, en Floride, un policier arrête un collègue pour excès de vitesse en suivant la procédure classique, quitte à déclencher derrière toute une chaîne d’événements judiciaires et administratifs. L’histoire rappelle aussi un principe que les autorités américaines aiment mettre en avant : le port de l’uniforme n’efface pas l’obligation de respecter la loi, même lorsque celui qui la transgresse fait partie de ceux qui sont sensés la faire appliquer.
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