Mort de Leïla Shahid, ancienne représentante de la Palestine en France et en Europe

Celle qui fut le visage de la Palestine en France et en Europe dans les années 1990 est décédée ce 18 février, à l’âge de 76 ans. C’est sa famille qui a annoncé la nouvelle au quotidien Le Monde : Léïla Shahid est morte ce mercredi 18 février à son domicile, situé dans le sud de la France. Née à Beyrouth en 1949, elle s’était engagée au Fatah de Yasser Arafat après la guerre des Six Jours, en 1967.

Étudiante à l’Université américaine de Beyrouth, elle soutient en 1974 une thèse de sociologie et d’anthropologie consacrée à la structure sociale des camps de réfugiés palestiniens, puis part poursuivre ses recherches à l’École pratique des hautes études, à Paris. En 1976, elle succède à Ezzedine Kalak à la tête de l’Union des étudiants palestiniens en France. C’est à la même période qu’elle rencontre l’écrivain marocain Mohamed Berrada, qui deviendra son mari.

La diplomatie, puis la culture

En 1989, Yasser Arafat la convainc de représenter la Palestine sur la scène internationale. D’abord en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark avant, en 1994, de devenir représentante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en France.

Pendant un quart de siècle, cette femme de caractère et de convictions ne cessera de fréquenter plateaux de télévision, conférences et chancelleries pour convaincre. Avec succès auprès des opinions publiques ; avec beaucoup plus de difficultés auprès des gouvernements occidentaux.

À partir de 2005, elle occupe le poste de déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne. Renonçant à ses fonctions diplomatiques en 2015, elle avait annoncé son intention de se consacrer à l’action culturelle. Lorsque Jeune Afrique l’avait interrogée sur les raisons de sa décision, en 2019, elle avait évoqué une lassitude. « La diplomatie, qu’elle soit palestinienne ou arabe, est inefficace, estimait-elle. Elle vote des résolutions mais ne les met pas en pratique ! »

D’où sa décision de poursuivre sa mission sur le terrain culturel, en mettant notamment en avant les cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient. « La politique est dans une impasse et il faut l’assumer pour sortir de l’ornière. Aujourd’hui, je ne veux pas raconter de bobards à mes amis de Palestine, mais leur être utile en valorisant la production culturelle arabe », concluait-elle.

Jeune Afrique


En savoir plus sur Le Temps

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Soutenir la Rédaction

A propos Colombo KPAKPABIA 1551 Articles
Colombo Kpakpabia est Directeur de publication du journal Le Temps. Il capitalise plus de 32 ans d'expérience dans la presse écrite et audiovisuelle. Colombo axe son travail sur la recherche et l'efficacité. Contact Email: [email protected]

Laisser un commentaire