Au Burkina Faso, l’exportation de la tomate fraîche est suspendue sur toute l’étendue du territoire national. Cette décision prise par le gouvernement d’Ibrahim Traoré est justifiée par la volonté d’assurer l’approvisionnement des unités nationales de transformation.
C’est par communiqué (N°2026-007) conjoint du Ministre du commerce et de son collègue de l’agriculture que la décision a été portée à la connaissance des acteurs du secteur. Les autorités ont décidé d’interdire jusqu’à nouvel ordre l’exportation de la tomate fraîche. Cette décision est suivie de la suspension de la délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE) en ce qui concerne la tomate fraîche.
Les opérateurs économiques qui disposent des autorisations d’exportation de la tomate fraîche en cours de validité sont invités à se rapprocher de la Direction Générale du Commerce pour accomplir leur procédure d’annulation.
Engagé dans la transformation de cette matière première, le Burkina Faso priorise désormais l’approvisionnement de ses usines locales. Le but de la suspension de l’exportation est de garantir la disponibilité suffisante de tomate fraîche pour faire fonctionner les unités de transformation.
Les autorités mettent en garde tout contrevenant à cette décision de suspension. « En tout état de cause, tout contrevenant à cette décision s’expose à des sanctions conformément à la réglementation en vigueur ». Par ailleurs, la garantie est donnée aux producteurs quant à l’écoulement des tomates issues des récoltes en cours. En d’autres termes, le gouvernement assure que l’interdiction de l’exportation ne sera pas une raison de mévente.
Viser l’autosuffisance en purée de tomate
Le défi que le Burkina Faso s’est imposé est d’atteindre l’autosuffisance en purée de tomate. Le pays fait partie des importateurs ouest-africains de la purée de tomate, alors qu’il produit une quantité importante de tomates fraîches annuellement. En 2022, des données de la FAO indiquent que le Burkina Faso a importé plus de 23 000 tonnes de purée de tomate pour une valeur estimée à plus de 8 millions de dollars. Désormais, le Burkina Faso mise sur la transformation, d’où les investissements consentis dans la mise en place d’usines.
En novembre 2024, le président Ibrahim Traoré a mis en service une usine de transformation à Bobo-Dioulasso dans la région des Hauts-Bassins. D’un montant global de 7,5 milliards FCFA, cette usine a une capacité de transformation de six tonnes de tomates fraîches par heure pour 800 kg de produits finis par heure.
Le Directeur général de l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC), Karim Traoré, avait expliqué que cette unité de transformation s’inscrit dans le cadre d’une série d’actions prévues dans le cadre de l’entrepreneuriat communautaire. « Elle est une série d’initiatives qui transformeront le paysage économique de notre pays. Elle illustre la réussite du Programme de l’entrepreneuriat communautaire par actionnariat populaire qui est une démarche novatrice », avait-il affirmé.
Le président Ibrahim Traoré avait indiqué que « toutes ces actions entrent dans le processus d’industrialisation et cela ne peut que nous rendre fiers et très heureux car notre démarche a été comprise par le peuple ».
Les chiffres clés de la production de tomate fraîche au Burkina Faso
La production annuelle est évaluée à plus de 300 000 tonnes. Près de la moitié de la production est exportée, principalement vers le Ghana. C’est l’un des produits les plus exportés au Burkina Faso qui représente 16,5 % de la production agricole et 10,5 % du secteur primaire. Au Burkina Faso, la production de tomate génère près de 400 000 emplois et rapporte annuellement environ 50 milliards de francs CFA.
Afrique sur 7
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