Ce que l’on sait de l’attaque aérienne à Goma

Dans l’est de la République démocratique du Congo, une attaque aérienne a frappé la ville de Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Tôt, ce mercredi matin, plusieurs explosions, attribuées à des drones, ont secoué le centre-ville, notamment dans le quartier résidentiel de Katindo, près du lac Kivu, et à une cinquantaine de mètres de la résidence de l’ancien président, Joseph Kabila.

Selon des habitants et le mouvement rebelle M23, qui contrôle la ville, une des frappes a touché une maison louée par des organisations internationales. Une employée française de l’Unicef a été tuée. Le M23 accuse le gouvernement congolais d’être à l’origine de l’attaque. Une accusation à laquelle Kinshasa n’a pas encore répondu.

Les Nations unies condamnent une escalade de la violence qui aurait également causé la mort d’autres civils et endommagé des habitations.

Une nuit mouvementée

Vers quatre heures du matin, plusieurs explosions ont secoué le centre-ville. Selon les témoignages de plusieurs habitants, un drone aurait largué deux bombes, l’une serait tombée dans le lac Kivu, l’autre sur une résidence située à une cinquantaine de mètres de la maison de l’ancien président, Joseph Kabila.

Dans la résidence touchée, une humanitaire française a été tuée. Il s’agit de Karine Buisset, une employée de l’Unicef en République démocratique du Congo.

« Il y a eu deux missiles. Le premier, on l’a entendu dans le lac. Le deuxième est tombé sur les appartements ici. C’est un quartier résidentiel. On visait qui ici ? Ce sont les Nations unies qui louent ici, et l’Unicef » témoigne Jules Akili un résident.

Le groupe rebelle AFC-M23 accuse le gouvernement congolais d’être responsable de cette attaque, Kinshasa n’a pas réagi dans l’immédiat.

Dans un communiqué, l’Unicef se dit bouleversé par la mort de son employée. Les Nations unies ont également condamné fermement l’escalade de la violence. Selon la mission onusienne en RDC, l’attaque aurait fait en tout au moins trois morts.

Les drones de plus en plus utilisés

Dans l’est du Congo, les drones sont devenus une nouvelle arme dans un conflit qui dure depuis des années. L’armée congolaise utilise notamment des drones de combat chinois CH-4, mais aussi des drones kamikazes. C’est ce qu’explique Ladd Serwat, analyste de l’Acled, une organisation qui recense les conflits dans le monde.

Il précise que dans le conflit en RDC « trois catégories de drones sont aujourd’hui utilisées. D’abord, les drones de combat, de véritables appareils militaires capables de voler plusieurs fois et d’emporter des missiles ou des bombes guidées. Le gouvernement congolais a acquis des drones chinois CH‑4, ainsi que des drones turcs Bayraktar TB2. Ensuite, il y a les drones kamikazes à ailes fixes, moins coûteux que les drones de combat et conçus pour exploser à l’impact. »

Selon toujours Ladd Serwat « l’administration de la province de la Tshopo a d’ailleurs annoncé que l’armée congolaise avait abattu plusieurs drones de ce type près de l’aéroport de Kisangani, dans des attaques attribuées au M23. »

On retrouve aussi dans la région « des drones commerciaux, généralement des quadricoptères civils modifiés pour larguer de petites charges ou s’écraser sur une cible. »

Selon Ladd Serwat « le M23, comme d’autres groupes armés, en utilisent, même si leur degré de sophistication reste limité. Au vu des éléments disponibles, il est clair que les appareils observés ne sont pas des quadricoptères. Tout indique des drones kamikazes à ailes fixes. »

Dans une ville déjà marquée par des mois de tensions et de combats, cette nouvelle attaque ravive la peur des habitants, qui redoutent une nouvelle escalade du conflit et de nouvelles frappes de drones.

Ruth Alonga, DW


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A propos Colombo KPAKPABIA 1605 Articles
Colombo Kpakpabia est Directeur de publication du journal Le Temps. Il capitalise plus de 32 ans d'expérience dans la presse écrite et audiovisuelle. Colombo axe son travail sur la recherche et l'efficacité. Contact Email: [email protected]

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