Financement de la campagne: Le pouvoir attribue des miettes à l’opposition

Chacun des candidats à la présidentielle recevra 43 millions CFA pour les frais de campagne, a annoncé le gouvernement.

C’est avec un titre ironique, « Du beurre  dans les épinards » que le site officiel du gouvernement www.republicoftogo.com  informe de l’attribution de 43 millions CFA à chacun des  candidats à la présidentielle.

De même, le gouvernement a débloqué également un fonds au montant inconnu pour la prise en charge des délégués des partis dans les bureaux de vote. Certes, la présence de ses  délégués dans les bureaux de vote est le talon d’Achille de l’opposition au pouvoir militaro-civil. L’opposition n’arrive pas à couvrir l’ensemble des bureaux de vote, estimés  inexplicablement à 9.000 au lieu de 6000 en 2007. Une situation déjà préjudiciable à la  transparence du scrutin. Selon les organisations de la société civile, il arrive très souvent que le pouvoir UNIR fournisse son propre personnel politique comme délégués de l’opposition dans les centres de vote.

Aucune loi de financement des partis

Cependant, le financement de la campagne est une mesure unilatérale du pouvoir à l’absence d’une loi de financement des partis politiques. L’opposition réclamé cette loi depuis l’Accord politique global (APG) du 20 août 2006.  L’absence d’instruments législatifs  de financement des partis  favorise le  pouvoir, qui distribue  des miettes à son opposition tout en faisant main basse sur les moyens de l’Etat. D’où l’ironie du site officiel, comme quoi l’opposition fait pitié et le pouvoir condescend à lui faciliter quelque peu l’attache.  

Le candidat du pouvoir, le président sortant Faure Gnassingbe, bat déjà une précampagne avec les moyens de l’Etat, hélicoptère et un important déploiement du personnel  ministériel,  administratif, et militaire.

Des gadgets ainsi que des véhicules à deux roues   et produits pharmaceutiques (a vérifier)  circulent sur les réseaux sociaux.

La campagne présidentielle débutera le 6 février et prendra fin le 20 à minuit. Le scrutin déjà controversé aura lieu le 22 février.

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A propos Komi Dovlovi 903 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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