Répression sauvage d’une manifestation pacifique par l’armée à Pagouda

Une manifestation pacifique des populations contre le mode de désignation d’un chef traditionnel le 13 avril dernier a été sévèrement réprimée par les armes par l’armée.

Baston et répression par balles. Le jeudi 13 avril dernier, les populations de Pagouda (chef-lieu de la Binah) protestent pacifiquement contre « les conclusions du Conseil préfectoral relatives à la méthode de désignation de la chefferie traditionnelle de la localité ».

Les autorités locales ont fait appel à des militaires convoyés depuis le camp militaire Général Ameyi de la ville voisine de Kara (50 Kms). Leur intervention énergique avec usage de leurs armes à feu pour disperser la manifestation a fait de nombreux blessés dont des enfants. Certaines personnes ont reçu des balles aux parties intimes et dans les jambes.

Selon l’Asvito, la répression aura occasionné quatre blessés graves dont un enfant et plusieurs arrestations y compris une femme.

Des blessés par balles

« Le bilan fait état de quatre (4) blessés graves dont une mineure actuellement hospitalisés à l’hôpital préfectoral de la Binah et sept (7) personnes arrêtées dont une femme qui ont été soumises à une privation de nourriture et qui sont présentement détenues à la prison civile de Kara dans des conditions inacceptables», indique le communiqué d’Asvito.

Cette association des droits de l’homme condamne et dénonce les violences perpétrées par les forces de l’ordre ainsi que les conditions de détentions des personnes arrêtées. Depuis quelques temps, les sorties de l’armée togolaise dans le nord du pays pour réprimer des manifestations se soldent toujours par des blessés graves ou des décès par balles.

Les populations de l’intérieur se soulèvent contre des manœuvres politiques opérées par le pouvoir dans le cadre du processus de décentralisation et les élections locales.

La semaine dernière, les populations tem de la préfecture de Tchaoudjo ont protesté deux fois contre l’intronisation d’un chef kabyè dans une localité tem de Lama-Tessi majoritairement peuplé de Kabyè.

 

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A propos Komi Dovlovi 799 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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