Comores : Deux ex-présidents soupçonnés de vente de passeports

Une enquête parlementaire aux Comores incrimine deux anciens présidents soupçonnés d’avoir détourné des deniers publics issus de la vente de passeports.

Achevé en décembre 2017, ce rapport parlementaire accuse Ahmed Abdallah Sambi et Ikililou Dhoinine d’avoir participé à une gigantesque fraude et préconise l’ouverture de poursuites judiciaires contre eux.

« Les juridictions pénales doivent être saisies des cas de détournement de deniers publics et de complicités imputables aux présidents et à leurs complices », écrivent ses auteurs. L’affaire a commencé lorsque l’ex-président Sambi a lancé en 2008 un programme destiné à « vendre » la citoyenneté comorienne à des populations apatrides du Koweït et des Emirats arabes unis, connues sous le nom de « Bidouns », contre les investissements des deux pays dans l’archipel. L’accord initial portait sur la naturalisation de 4.000 familles bidouns pour un montant de 200 millions de dollars, destinés à financer des grands travaux d’infrastructures.

Selon les données recueillies, 47.950 passeports ont été émis dans le cadre de ce programme. Mais seule une infime partie a été effectivement délivrée aux Bidouns.

Les auteurs du rapport mettent en cause des « réseaux parallèles mafieux de vente de passeports » avec des « complicités » aussi bien « intérieures » qu' »extérieures » aux Comores.

Exemple, le neveu de l’ex-président Sambi, Abdou Satar, « pouvait aller imprimer autant de passeports qu’il voulait dans les locaux de Semlex (la société chargée de les imprimer) à Bruxelles sans aucun contrôle », assurent-ils.

« Le programme a généré d’importantes ressources financières. Malheureusement une bonne partie des fonds générés n’est pas arrivé dans les caisses de l’Etat ».

Lors de la signature du contrat, l’ex-président Sambi a ainsi reçu une « gratification » de 105 millions de dollars, selon les parlementaires. Cette « enveloppe » relève de « la haute corruption ».

Sambi est aussi accusé d’avoir « consenti à l’ouverture de compte dans les paradis fiscaux » sans pouvoir « justifier l’affectation de ces fonds », ce qui le rend « suspect de détournement de deniers publics », poursuivent les députés.

La même qualification est retenue contre Ikililou Dhoinine, accusé d’avoir ordonné de ne plus verser de fonds publics à la Banque centrale « sans pouvoir expliquer l’utilisation de ces fonds ».

Entendus par la commission d’enquête, les ex-présidents Sambi et Dhoinine ont nié les accusations qui pèsent sur eux.

Le Temps avec AFP

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A propos Omaboe Akpovi 915 Articles
Journaliste Reporter, 7 ans d'expérience. Couvre l'actualité nationale et les reportages sociaux, culturels, ainsi que les événements de la la société civile. Passionné de lecture et des médias sociaux.

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