Jean –Luc Yacoubi Tchatchibara , un grand nom qui quitte le monde des médias

Il était une référence dans la presse togolaise, Jean-Luc Yacoubi Tchatchibara a définitivement quitté l’univers des médias. La nouvelle de sa disparition a été rendue publique dans la matinée du lundi 18 décembre 2017.

Administrateur de radiodiffusion, Jean –Luc Yacoubi Tchatchibara était un ancien séminariste comme les journalistes Jean-Baptiste Koumai Bang’na, ancien rédacteur en chef à la télévision nationale et Thiburce Magnim Solitoki Esso, actuel ministre des Affaires présidentielles. La naissance de la télévision au Togo lui donna l’opportunité de servir en qualité de rédacteur en chef avant d’en assumer à partir de 1975 les fonctions de Directeur Général à la place de Claude Tobossi Bédou.
Amoureux du bien parler la langue française, sa prédisposition à réfléchir promptement sur les sujets d’actualité mais également sa grande culture générale, le rangent pour toujours sur la liste restreinte des éditorialistes togolais de renom, comment avant lui, Polycarpe Kwaovi –Bényi Johnson, cet autre journaliste qui fit ses preuves à Togo-Presse (Rédacteur en chef, Directeur Général et celui du Magazine Togo-Dialogue), plus tard Ministre de l’Information.

Au début des années 1980, Yacoubi Tchatchibara fut nommé à la tête de Radio –Kara dans la partie septentrionale du Togo, en remplacement de feu Didier Eklou Efoé. Le temps d’un éclair, cette promotion professionnelle se mua en moult déboires. Il connut pour ainsi dire une traversée du désert de longue durée. Pour reprendre du poils de la bête, l’administrateur de radiodiffusion sut transformer cette « claque professionnelle » en expérience positive. Il devint ainsi un collaborateur discret sous le pseudonyme de Bamoussi Balla pour le journal privé « Atopani Express ».

Dans les années 1990, Jean –Luc Yacoubi Tchatchibara devint cet éditorialiste au service du pouvoir Eyadéma, décidé à ne rien lâcher face aux aspirations populaires. La calvitie bien prononcée, reconnaissable par ses lunettes médicales et bien souvent en boubou, il était en ces années-là, le visage plus que familier du petit écran togolais. Par des envolées lyriques et tournures de phrases, l’ancien Directeur Général de la Télévision puis celui de Radio –Kara, troqua ainsi sa plume et sa verve en devenant le pourfendeur de la grève générale illimitée mise sur pied par les forces d’opposition.

Pour services rendus en ces périodes, Yacoubi Tchatchibara sera promu par décret présidentiel, Directeur Général du service de la Communication et de la Formation Civique. Il fut distingué en 2010 par le Trophée d’honneur à l’occasion de la 2è Edition de « La Nuit des communicateurs » et primé en 2015 lors de la 2 è Edition des Journées Portes Ouvertes (JPO) de la presse togolaise.

On gardera de lui le souvenir d’ « un bon animateur d’équipe par son sens de l’humour et de la bonne humeur ». En qualité de consultant, il avait contribué à la formation des journalistes à travers des séminaires organisés par les associations des médias notamment l’Union des Journalistes Indépendants du Togo ( Ujit), l’Observatoire Togolais des Médias ( l’OTM), le Conseil National des Patrons de Presse (CONAPP). Il était aussi enseignant –formateur à l’Ecole Supérieure des Techniques et Arts de la Communication (ESTAC) à Lomé.

Bon vivant, mais aussi un gros fumeur, le journaliste Jean –Luc Yacoubi Tchatchibara laisse à la postérité, un ’ouvrage intitulé : « Le Togo face à lui-même : 1990-1994 » publié aux Librairies Australia. « Terminus, tout le monde descend », mémorable titre d’un de ses éditoriaux. Ainsi prend fin une vie de plus de quatre décennies au service de l’information.

©Copyright Ekoué Satchivi

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