L’opposition et la société civile s’unissent pour démissionner Jacob Zuma

Le président Jacob Zuma est  sur sellette depuis l’annonce d’une union de l’opposition et de la société civile pour exiger sa démission.

Large union. C’est une large coalition qui est en train de se constituer pour démettre le président Jacob Zuma du pouvoir. Un rassemblement appelé « Mouvement de la Liberté » vient de constituer et appelle à des manifestations contre le président Jacob Zuma. Plusieurs leaders de l’opposition et de la société civile, dont Mgr Desmond Tutu, ourdissent cette vaste entente pour pousser dehors l’ancien compagnon de Nelson Mandela. Desmond Tutu a par ailleurs tweeté qu’il soutenait « le principe d’une coalition unie en appelant tous les Sud-Africains à rejoindre la marche » du 27 avril.

« Il n’a jamais été aussi urgent de s’unir pour stopper la trajectoire actuelle de l’Afrique du Sud« , assure un communiqué du mouvement qui appelle les Sud-Africains à manifester le 27 avril prochain, « Jour de la liberté« , férié dans le pays. « Nous devons avoir de l’énergie pour cette lutte. Nous ne nous épuiserons pas car nous luttons pour la liberté de chacun d’entre nous« , a lancé le chef de l’Alliance démocratique (DA), Mmusi Maimane, lors d’une conférence de presse organisée dans le township de Soweto, symbole de la lutte anti-apartheid.

Les Combattants pour la liberté économique (EFF) de Julius Malema, deuxième parti d’opposition et critique virulent de Zuma, n’a pas encore rejoint ce mouvement.

Au cri de « Zuma doit tomber », l’opposition avait rassemblée plusieurs milliers de manifestants le 12 avril dernier dans les principales villes du pays pour demander la démission du président Jacob Zuma.

Jacob Zuma, un  chef traditionnel africain qui s’ignore

Le président impliqué dans plusieurs scandales de corruption fait l’unanimité  de la classe politique contre lui. Il est soupçonné d’avoir permis à une famille richissime, les Gupta, d’avoir fait main-basse sur l’économie du pays et de procéder en lieu et place du président à la nomination des dirigeants de la haute administration. Depuis le limogeage du ministre des finances Pravin Gordhan, opposant à la famille Gupta, Jacob Zuma est dans une mauvaise posture, y compris dans son propre camp.

Les amis de Nelson Mandela ont pris leur distance avec le président, un ancien aussi du bagne de Rhodes Islands. Il en est de même des premiers dirigeants de l’African national congress (ANC), le parti au pouvoir. Plusieurs de ces membres craignent un désastre électoral encore plus grand que celle des élections locales de fin 2016, et veulent évincer le président. A 12 mois de la fin de son mandat, Ce dernier manœuvre pour que son ex-femme, Dhlamini Zuma, ex-président de la Commission de l’Union Africaine, prenne sa succession. Une éventualité à laquelle s’oppose le richissime Cyril Ramaphosa, qui croit enfin venue son heure après avoir attendu longtemps dans l’ombre de Thabo MBeki.

Polygame, gouvernant comme un chef traditionnel zoulou, accusé de tribalisme, le président Jacob Zuma constitue une grande déception pour les progressistes sud-africains. En l’espace de quelques années, il a fini par faire de l’Afrique du Sud, une pointe de l’Occident européen sur le continent noir, une banale république bananière d’Afrique subsaharienne. Seuls les meurtres de masse le différencient des despotes d’opérette du continent. Bête politique et excellent manoeuvrier pour s’accrocher au pouvoir grâce à un réseau d’obligés, Jacob Zuma reste tout de même un dirigeant d’une grande médiocrité politique : l’économie du pays ne se relève que d’un long marasme commencé depuis son arrivée au pouvoir.

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