Téléphonie mobile : Un troisième opérateur est possible

Un troisième opérateur de téléphonie mobile est possible, déclare M. Abayeh Boyodi, le directeur général intérimaire de l’ART&P aux Marchés Africains.

La vérité se trouve dans la bouche des techniciens. Contrairement à la ligne gouvernementale, le directeur général intérimaire de l’Autorité de réglementation des secteurs de Postes et de Télécommunications (ART&P), Abayeh Boyodi, a déclaré qu’il y a de la place pour un troisième opérateur de réseau mobile.

« Au vu de la dynamique de croissance sur le marché du mobile, on est en droit de supposer qu’il y a de la place pour un troisième opérateur si des investisseurs se manifestent », explique Abayeh Boyodi, le directeur général intérimaire de l’Autorité de réglementation des secteurs de Postes et de Télécommunications (ART&P), dans un entretien au magazine Marchés Africains (janvier 2017).

L’entretien se trouve dans  un Hors-série de 116 pages consacré au Togo et destiné bien évidemment à embellir l’image terne de l’économie sous-développée du pays.

Mais comme dans un cafouillis de reportages et d’interviews où on fait dire tout et n’importe quoi aux chiffres, la vérité a fini quand même par jaillir : un troisième opérateur réseau mobile est possible voire même souhaitée au Togo.

Tarifs de télécom parmi les plus chers au monde

Pourtant ce n’est pas la position du gouvernement togolais. Après moult hésitations sur l’arrivée d’une troisième société, le gouvernement a fini par se plier à des injonctions des bailleurs de fonds lui demandant l’ouverture du marché national.

La ministre du numérique et des télécommunications, Cina Lawson, a lancé un appel d’offres avant de faire machine arrière en arguant de l’étroitesse du marché national, soit 7,5 millions de consommateurs. Comment comprendre cela ?

Seuls Togocel et Moov Togo Etisalat dispose du marché, respectivement 52,3%  et 46,8%. Les deux entreprises sont en situation de quasi-monopole se faisant des bénéfices mirobolants avec des offres de services et des produits médiocres.

La connexion Internet est des plus lentes au monde, et alors que les deux opérateurs affirment avoir lancé le très haut débit mobile, la clientèle ne trouve guère de satisfaction.

Le téléphone au Togo est réputé l’un des plus chers au monde et le plus cher de la sous-région de la CEDEAO.

L’argument du nombre avancé par le  gouvernement est politique et non commercial comme on peut le constater chez nos voisins.

Le Bénin dispose de six opérateurs de téléphonie mobile pour 10 millions d’habitants, alors que le Burkina Faso avec près de 20 millions d’habitants, en 3 et est dans l’attente de l’arrivée d’un quatrième opérateur.

Du coup, la question relève plutôt du dynamisme du secteur, le lièvre que lève le directeur général intérimaire de l’ART&P, Abayeh Boyodi.

Nul doute qu’avec cette sortie, cet intérimaire risque la voie du garage.

 

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A propos Komi Dovlovi 834 Articles
Journaliste chroniqueur, Komi Dovlovi collabore au journal Le Temps depuis sa création en 1999. Il s'occupe de politique et d'actualité africaine. Son travail est axé sur la recherche et l'analyse, en conjonction avec les grands  développements au Togo et sur le continent.

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