Côte d’Ivoire: Les avocats de Simone Gbagbo suspendent leur participation au procès

Les avocats de Simone Gbagbo, l’épouse du président Laurent Gbagbo, accusée de crimes contre l’humanité, ont suspendu ce 24 octobre leur participation au procès pour protester contre le refus du président du tribunal de déférer à leur demande de citer des témoins hauts placés à la barre.

« Nous suspendons notre participation. Le procès est biaisé, la Cour n’a pas envie d’un procès équitable », a dit avec vigueur Dohora Blédé, l’un des avocats de Mme Gbagbo, d’après l’AFP.

Le tribunal s’oppose à la convocation des personnalités au pouvoir mais acteurs principaux des événements post-électoraux de la présidentelle de 2011. Il s’agit notamment du président de l’Assemblée nationale, l’ancien chef de la rébellion, Guillaume Soro, l’ancien premier ministre Jeannot Kouadio Ahoussou, l’ex-ministre Charles Koffi Diby, l’ex-chef de l’armée le général Philippe Mangou, et le directeur général de la police nationale Brindou M’Bia.

« Nous constatons que nos témoins ne sont pas présents, nous demandons un délai de quatre jours pour voir ces personnes indispensables à la manifestation de la vérité » comparaître, a insisté Me Blédé.

De son côté, le parquet général, qui s’est dit « édifié par les premiers témoignages » à charge, a demandé à la cour « de passer outre » la demande de la défense.

Mme Simone Gbagbo est accusée pour son implication dans la répression sanglante des femmes d’Abobo et pour sa participation à une cellule de crise qui planifiait et organisait des attaques, à travers des milices et des forces armées proches du régime.

Ces faits ont été commis lors de la crise postélectorale de 2010-2011, qui fit plus de trois mille morts en cinq mois après le refus de M. Gbagbo de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.

Simone Gbagbo comparaît alors qu’elle purge déjà une première peine de vingt ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », prononcée l’an dernier.

Dans ce procès, le clan Ouattara au pouvoir est accusé de faire une justice des vainqueurs.

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