L’Afrique du Sud annonce son retrait de la CPI

epa04220321 A handout picture released by the ICC shows Chief Prosecutor Fatou Bensouda, during the trial against former Congolese militia leader Germain Katanga (not pictured) at the International Criminal Court (ICC) in the Hague, the Netherlands, 23 May 2014. The ICC sentenced former Congolese militia leader Germain Katanga to 12 years in jail for his role in war crimes related to the massacre of several hundred civilians from the Hema ethnic group in 2003 during the conflict in the Democratic Republic of Congo. EPA/ICC / HANDOUT HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES

L’Afrique du Sud, le pays le plus démocratique du continent annonce son retrait de la Cour Pénale Internationale (CPI) risquant ainsi de créer un modèle de défiance à ce tribunal qui malgré ses faiblesses constitue tout de même une épée de Damoclès sur la tête des despotes ciminels de masse en puissance ou en acte.

Dans une lettre adressée aux Nations unies signée par la ministre des Relations internationales, Maite Nkoana-Mashabane, Pretoria estime que « ses obligations au regard de la résolution pacifique des conflits étaient parfois incompatibles avec l’interprétation donnée » par la CPI, a annoncé Reuters, tôt vendredi 21 octobre.

L’information a été officiellement confirmée quelques heures plus tard. Conformément à la procédure, le retrait sera effectif un an après que les Nations unies ont reçu notification du retrait.

Ce retrait de l’Afrique du Sud est une suite logique de l’acte de défiance à l’endroit de la CPI en

L’Afrique du Sud avait déjà défié à plusieurs reprises la Cour. Pretoria a refusé en juin de céder à l’arrestation et l’extradition du Soudanais Omar el-Béchir, inculpé par la CPI de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide dans le conflit au Darfour. Pretoria avait refusé d’exécuter l’ordonnance d’un tribunal de Pretoria d’arrêter le Président soudanais, en visite en Afrique du Sud dans le cadre d’un sommet de l’Union Africaine.

A l’époque l’ANC au pouvoir avait déclaré « se [réserver] le droit de présenter ces réformes et si elles ne sont pas acceptées nous n’aurons pas d’autre choix que de reconsidérer notre adhésion à la CPI ».

Afrique du Sud et Burundi même combat

La décision de l’Afrique du Sud vient s’ajouter à celle du Burundi. Le 18 octobre, Pierre Nkurunziza avait promulgué la loi portant retrait du Burundi du Statut de Rome.

La CPI est confrontée à une fronde grandissante des chefs d’État africains. Accusation de néocolonialisme, mandats d’arrêts contre Omar el-Béchir, procédure contre Uhuru Kenyatta, prédominance d’affaires concernant le continent…

La CPI risque d’être fragilisé par ce retrait sud-africain et la remise en cause probable de l’existence de cette institution.

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