Togo : Gnassingbé réelu, que peut faire l’opposition CAP 2015 ?

Faure Gnassingbé: au pouvoir depuis 10 ans. Il a succédé à son père Eyadema qui a dirigé le Togo pendant 38 ans.
Avec la réélection de Faure Gnassingbé à la tête du Togo pour un troisième mandat, se pose la question fondamentale de la réaction du parti ANC et de la principale coalition de l'opposition politique Combat pour l'Alternance en 2015 (CAP 2015). Cette coalition avait déjà pris ses dispositions, à la suite de l'annonce de ses propres résultats pour proclamer Jean-Pierre Fabre président. Mais au-delà de ce coup de boutoir, de quoi est capable cette opposition togolaise?

La contestation perpétuelle

L’élection présidentielle du 25 Avril a eu lieu alors même que la classe politique togolaise n’avait pas vidé les divergences liées aux réformes politiques. Toutes les négociations entamées entre le pouvoir UNIR et ses opposants se sont soldées sans résultat. L’héritier du général Eyadema – qui a dirigé le Togo pendant 38 ans – s’est opposé à tout changement dans le cadre normatif et institutionnel. Le scrutin présidentiel se déroule à un seul tour et le mandat de 5 ans n’est pas limité.

Il est clair qu’en se présentant à l’élection présidentielle, Fabre voulait pousser le régime à l’erreur. Le vote ne devait servir que de prétexte pour organiser la fronde contre le pouvoir UNIR, par un soulèvement populaire dont personne ne faisait plus de secret. Les partisans de ce clan de l’opposition inondent les médias sociaux de messages appelant au soulèvement. Mais sur le terrain, aucune organisation sérieuse ne semble exister. L’opposition togolaise semblait impressionnée par l’insurrection populaire d’Octobre 2014 au Burkina Faso. Mais elle manque de méthode et de rigueur dans ses tentatives.

En 2010, Jean-Pierre Fabre qui avait été officiellement battu à la présidentielle avait organisé la contestation du président Gnassingbé pendant quatre années. Ces multiples manifestations n’avaient rien donné.

Un gouvernement parallèle?

Il apparaît que CAP 2015 va tenter de mettre en place un gouvernement parallèle aux fins de matérialiser son rejet du pouvoir du président contesté. Mais ne disposant pas de la puissance publique, ce gouvernement fantomatique n’aura aucune prise sur la gestion réelle des affaires publiques. La promesse faite aux militants que le rendez-vous du 25 Avril serait différent risque dès lors de devenir un bluff.

L’opposition avait montré de réelles limites dans sa participation à cette élection. Non seulement plusieurs candidats se présentaient contre celui du pouvoir, mais un conflit lancinant existait entre le CAP 2015 et ceux qui ont appelé au boycott du scrutin.[amazon text=Amazon&template=carousel2]

La menace de l’usure

Le plus grand danger qui guette Jean-Pierre Fabre et les responsables de CAP 2015 est celui de l’usure. Pour beaucoup d’observateurs, la présidentielle d’Avril sonnait comme le dernier rendez-vous. Des voix s’élèvent tant au pays que dans la diaspora, réclamant le renouvellement de la classe politique.

Les antagonismes entre les forces de l’opposition ne facilitent pas les choses. Le principal problème des adversaires du régime Gnassingbé est celui de l’organisation. Des coalitions se créent et se défont autour de leaders politiques qui semblent plus préoccupés par leur situation personnelle que par les performances politiques. Outre le front politique devenu poreux, le partenariat avec la société civile est proche du néant, depuis que les organisations des droits de l’homme ont décidé de faire campagne contre la tenue de la présidentielle, en l’absence de réformes politiques.

K. Agboglati (letempstg@gmail.com)

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